Le don du jardin

« Le temps du jardin est donc celui de la vie. Il ne nous pousse pas vers l’avant, comme le temps mécanique qui régit désormais nos vies, car un vrai lieu nous enracine toujours dans le temps présent. Maintenant et ici. Pas de buts à atteindre, pas d’objectifs à remplir, car la vie n’a qu’une fin : elle-même. Et la beauté aussi, qui naît constamment du processus de la vie. A l’inverse du système capitaliste, qui a besoin d’une croissance constante pour survivre et qui demande des efforts sans fin aux hommes qui le subissent, le monde naturel croit spontanément et se suffit à lui-même dans un présent éternel, lent et doux. C’est là la leçon du monde végétal. Retrouver cette vie, la vraie, et ce temps de la nature qui est aussi notre vrai temps, celui qui connaît notre corps animal – voilà ce qui nous pousse à ouvrir le portail d’un enclos de verdure et à y entrer, chaque fois, comme si on pénétrait dans un monde à part. C’est cela, le don du jardin. »

Le jardin perdu = The Lost Garden / Jorn de Précy ; essai traduit de l’anglais par Marco Martella. – Actes Sud, 2011. – (Collection un endroit où aller). – p. 66. – Seul écrit disponible de Jorn de Précy, publié en 1912

Une réflexion au sujet de « Le don du jardin »

  1. En voilà une chouette de citation. C’est vrai que l’atemporalité d’un espace permet de se recentrer et d’apprécier un moment — chose qui est bien plus compliquée quand tout file devant et autour de soi.

    L’espace, c’est du temps cristallisé.

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