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Ce livre n’est pas pour moi… à propos des neufs vies de Dewey par Vicky Myron

J’avais envie de le lire pourtant…

Sincèrement…

Dewey… forcément avec un titre comme cela… en tant que bibliothécaire… on a des yeux dans le dos… on le verrait même dans le noir… Dewey… pensez-donc, c’est notre gourou… je parle de Melvil, pas de celui qui donne le titre au livre… mais de l’inventeur du classement le plus universellement répandu dans les bibliothèques de la planète… classer pour un bibliothécaire, c’est maladif… on est né pour classer… notre vie est classement… bon… c’est pas vrai… on ne fait pas que cela… je connais d’ailleurs des bibliothécaires « bordéliques »… mais c’est une autre histoire… reprenons…

Dewey… l’histoire du célèbre chat recueilli par une bibliothécaire, Vicky Myron, et qui vivait dans une bibliothèque américaine et servait un peu de médiateur à quatre pattes… de boule de poil pour raccrocher ceux qui se perdaient dans la bibliothèque… pour ne pas dire dans la vie…

Les neufs vies de Dewey est le second tome des aventures de « Dewey Readmore Books », son vrai patronyme. Le premier livre fut un succès mondial et ma collègue normande Sophiebib en parle avec humour sur son blog.

J’avais envie de le lire pourtant…

et je vous assure, j’aime les chats… dans une autre vie… j’en avais même trois dont un siamois dressé qui me sautait sur l’épaule quand je le lui demandais…

J’ai commencé la lecture… et… très vite, n’ai plus supporté… suis désolé… ma conscience professionnelle… est apparue… allez allez force toi… tu es bibliothécaire… au moins, lis le pour le conseiller ou bien pour étudier le pourquoi du comment du succès de ce livre…

et puis, lire que la bibliothécaire était la maman du chat, par exemple… ou entendre tous les bienfaits psychologiques que ce quadrupède, charmant félin avait apporté autour de lui… m’ont étouffé… achevé… l’animal anthropocentrique… trop c’est trop…

J’ai reposé le livre… Je n’aurai pas dit du mal du livre… il y a beaucoup de livres que je commence et qui me tombe des mains… je ne me force pas quand je lis pour le plaisir… je suis prêt ou pas… bref… en temps normal, je n’aurai même pas parlé de ce livre mais ce livre est un partenariat de lecture avec le blog-o-book et je l’ai reçu gracieusement de la part de l’éditeur… que je remercie vivement…

Mais, ce livre n’est pas pour moi…

Je fais don de ce livre et il rejoindra les collections de la future bibliothèque de Tourrettes qui ouvrira début avril pour enrichir ses collections, certain que ce livre trouvera son public…

 

Silence

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Ceci est une non-lecture de :

Les neufs vies de Dewey / Vicky Myron avec la collaboration de Bret Witter. – Paris : Jean-Claude Gawsewitch, 2010. – . – 978-2-35013-241-ç.

 

Je remercie les éditions Jean-Claude Gawsewitch pour l’envoi gracieux de ce livre. (Maintenant, je suis grillé je ne pourrai plus recevoir de service de presse de cet éditeur !) Il a été commenté dans le cadre des partenariats avec les éditeurs proposés par le blog : Blog-o-book. « Chaque dimanche à 15h Bob publie des appels à lecteurs, en partenariat avec des éditeurs. Des partenariat spéciaux ont parfois lieu en semaine. Toute personne ayant un blog consacré à la lecture et régulièrement tenu à jour peut participer.  La seule condition est de publier un billet sur votre blog dans le mois qui suit la réception du livre. Vous êtes totalement libre d’exprimer votre ressenti par rapport à votre lecture, votre billet pourra être positif ou négatif, vous restez indépendant. »


Sincérité de celui qui regarde le feu: une lecture de « Proust, le chat et moi » de Jean Cau (La petite vermillon, 2009)

Sincérité…

« Un enfant avait donc deux vies. Celle qui le collait à la terre, celle qui l’en arrachait. Il était désadapté. Une fêlure, en lui. Comment la réparer pour que le vase tienne ? En la bouchant avec des mots.« 

L’enfant veut écrire. Ou du moins, en a l’intuition.

« Au départ, une curiosité vers d’autres vies, d’autres lieux, d’autres êtres et elle est châtiée par le fouet du réel. »

L’enfant est de milieu modeste. La littérature est une planète extra-terrestre pour ses parents. L’enfant rêve et découvre les mots dans les livres. Les parents ne sont pas contre le désir d’apprendre de l’enfant. Mais pour l’enfant, son envie d’écrire restera toujours un vice, une chose non avouable à ses parents qui eux, ont eu, eux, un vrai et laborieux travail.

« Il m’est arrivé de comparer la littérature à la tauromachie, elle-même comparée au « Cante hondo » (au Chant profond) du flamenco. Dans ces deux derniers arts, il existe un mot, intraduisible en français : le « duende ». Et qu’est-ce que c’est, en espagnol, le « duende » ? Nul ne le sait et nul ne peut le définir. Un matador torée et tout ce qu’il réalise est parfait, merveilleusement en règle avec les canons de l’école. Il écrit le toro et la langue est pure, la grammaire infiniment respectée, le vocabulaire divers, la phrase souveraine. […] Brusquement, un miracle s’est produit, l’homme paraît avoir envoûté le toro auquel il donne des passes de rêve. […] voici le duende. Il l’a. Il le possède et en est possédé. Il torée intérieur. Hors du monde. Il torée pour soi. Il n’y a plus de public, plus d’arène, plus de désir de trophées. Rien qu’une ivresse que l’homme et le fauve partagent et dont nous ne sommes que les voyeurs. »

La Grâce, tel serait le terme qui effleurerait le plus le sens de duende. Tel serait pour Jean Cau, l’art de l’écrivain : d’abord, écrire pour soi, avec sincérité, loin des contraintes du milieu et de ses mirages glorieux, pour trouver sa voix et le ton approprié.

« Autrefois, dans les villages, on plantait l’ancêtre, comme une momie, devant le feu, juste au bord de la plaque noire. Il se taisait. Il regardait le bois brûler et se transformer en cette cendre qu’il serait à son tour, demain, et le feu lui racontait sa vie, avec ses étincelles, ses giclées de sève hors des bûches trop vertes, ses crépitements, ses écroulements, ses fumées – et puis ses cendres. »

Dans un premier texte troublant et sensible : L’enfance de l’art, l’auteur revient ainsi sur son enfance, sa vie, sa peur de la mort et son désir d’écrire.  Le second texte qui donne le titre au volume : « Proust, le chat et moi » est une déploration très négative sur la fin du roman avec l’annonce de  la fin de la civilisation occidentale. Rien que cela !

Retiré à la campagne, désabusé par son époque et la littérature de son temps (l’ouvrage est paru la première fois en 1984), l’auteur a un chat qui ressemble tellement à Marcel Proust qu’il l’a nommé… Marcel Proust ! Et ne cesse de l’interroger dès le matin : « Proust, que dois-je écrire ? Après toi, Marcel, que peut-on écrire ?« 

La principale obsession de l’auteur est donnée dès le début  : « les temps sont venus où l’art ne triomphera plus de la mort« . L’auteur déplore la fin du roman dont La Recherche lui semble être le sommet, puis la fin de la civilisation occidentale. Le ton de l’ouvrage est caustique voire carrément « ronchon », parfois très actuel en créant des correspondances, presque trente ans après son écriture :

« Dès que j’entends le mot espoir, je soupçonne la sottise. Comment, de gorges qui se serrent et d’où ne devrait jaillir que le hurlement, peuvent donc sortir les roucoulements tièdes de l’espoir ?« 

« Il n’empêche, Proust, que les romanciers, impavides, continuent de tricoter leurs histoires où un homme de cinquante ans se demande s’il peut encore copuler, où une femme sur le retour tombe amoureuse d’un adolescent qui est le meilleur ami de son fils, où une fille de seize ans brûle de coucher avec son papa, où un voyou déclare que la prison n’est pas le Ritz et que ça n’est pas juste… Ils continuent d’écrire pareilles histoires (on pourrait en aligner des centaines sur des milliers de pages), relayés par les Intellectuels qui sodomisent des mouches à coups d’essais illisibles et elle est, finalement, adorable cette inconscience, cette volonté de tricoter des mots et d’essayer de voler à la masse et à la statistique (exemple : vingt-six pour cent des pères désirent leur fille, cinquante et un pour cent ne la désirent pas, treize pour cent ne savent pas) une histoire « faite à la main ».« 

Mais trop de relents nauséabonds et désagréables rendent finalement la lecture insupportable comme « Dans le même temps en Asies, Afriques, Arabies, naissent des millions de petites choses jaunes, noires ou basanées... », nous rappelant que l’auteur a écrit dans la revue Elements dite par euphémisme de La nouvelle droite !

Silence

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Ceci est une lecture de :

Proust, le chat et moi précédé de L’enfance de l’art / Jean Cau. – Paris : La table Ronde, 2009. – (Collection de poche La Petite Vermillon ; 317). – 978-2-7103-3109-4. (Première parution en 1984)

 

Je remercie La Table Ronde pour l’envoi gracieux de ce livre. Il a été commenté dans le cadre des partenariats avec les éditeurs proposés par le blog : Blog-o-book. « Chaque dimanche à 15h Bob publie des appels à lecteurs, en partenariat avec des éditeurs. Des partenariat spéciaux ont parfois lieu en semaine. Toute personne ayant un blog consacré à la lecture et régulièrement tenu à jour peut participer.  La seule condition est de publier un billet sur votre blog dans le mois qui suit la réception du livre. Vous êtes totalement libre d’exprimer votre ressenti par rapport à votre lecture, votre billet pourra être positif ou négatif, vous restez indépendant. »

Silence

 

Le goût citronné des concombres trempés dans du yaourt… à propos des exilés d’Emmanuel Razavi (Mon petit éditeur, 2010)

Je me souviens. J’étais en seconde. Je m’en souviens en lisant les premières pages du livre d’Emmanuel Razavi : les exilés, une chronique iranienne (Mon petit éditeur, 2010). Je me souviens. On a vu arriver ce garçon brun qui ressemblait tant à Omar Sharif. On était ? En 79 ou en 80 ? En 1979. Je ne sais plus exactement. Ne comprenais pas bien ce qu’il se passait, comment cela fonctionnait le monde. Je me souviens de ce garçon. Un iranien, donc. Il n’est pas resté longtemps parmi nous. Il est devenu très vite le premier en mathématiques, notre matière phare, dans cette seconde qui n’était pas encore génèrale. Il était réservé. Il ne ressemblait pas à quelqu’un qui vient de prendre la fuite pour sauver sa peau. Je me souviens de lui. Pas de son prénom. C’était mon premier contact avec l’Iran et avec un événement phare de l’histoire du monde : la révolution iranienne.

Les exilés d’ Emmanuel Razavi raconte l’histoire de sa famille, celle de son grand-père Youssef, aristocrate de la lignée des Qâdjar – ceux qui marchent rapidement (en turc) – famille prise dans la tourmente d’une des révolutions les plus rétrogrades de la planète. Séduit par les sirènes occidentales du développement économique, Youssef n’aura qu’une envie : que deux de ses fils, Parviz et Houchang partent étudier en France, la patrie de l’humanisme. Afin de  s’ouvrir au  progrès, symbolisé encore à cette époque par l’Occident ; pour ensuite, en faire bénéficier leur pays. En un peu plus d’une centaine de pages, l’auteur, grand reporter, et fils de Parviz, conte allégrement l’aventure de ces deux enfants arrachés à leur famille au temps de l’enfance (dix et onze ans).  Prenant l’avion seuls et se retrouvant seuls dans une école religieuse de Montpellier et ne parlant encore que le farçi ! Exilés avec un dépaysement total garanti. On suit leur évolution jusqu’à l’âge de la maturité. Histoire entrecoupée par l’évocation de ceux restés en Iran. L’auteur alterne sans concessions la vie facile de Youssef, dignitaire d’un régime policé  avec celle d’une famille pauvre et communiste jusqu’au croisement fatal : la montée du pouvoir religieux. Les enfants devenus des adultes réaliseront le rêve du grand-père mais sans doute, en laissant un peu de leurs rêves : « L’avenir de l’élite iranienne se joue en France… Si vos enfants vont un jour étudier en France, ils en feront peut-être partie et pourront être reçus comme des rois dans le monde entier. » Dans ce livre sensible, jamais partisan, reste  à leurs descendants, une nostalgie : celle du goût citronné des concombres trempés dans du yaourt…

Je remercie Mon petit éditeur pour l’envoi gracieux de ce livre. Il a été commenté dans le cadre des partenariats avec les éditeurs proposés par le blog : Blog-o-book. « Chaque dimanche à 15h Bob publie des appels à lecteurs, en partenariat avec des éditeurs. Des partenariat spéciaux ont parfois lieu en semaine. Toute personne ayant un blog consacré à la lecture et régulièrement tenu à jour peut participer.  La seule condition est de publier un billet sur votre blog dans le mois qui suit la réception du livre. Vous êtes totalement libre d’exprimer votre ressenti par rapport à votre lecture, votre billet pourra être positif ou négatif, vous restez indépendant. »

Silence