Archives pour la catégorie Les nature writers

Diogène de Sinope : un site à la manière des exercices spirituels antiques

Diogène représente la figure philosophique la plus connue de la philosophie cynique.

Le site Cynismes – DioGène : regards obliques d’un chien errant propose en plus de 130 leçons une présentation originale, soft et décalée de ce philosophe : chaque extrait que l’on suppose tiré du recueil de Diogène Laërce (Vies et doctrines des philosophes illustres) est accompagné d’un morceau de musique qui met en valeur les propos ou actes de ce drôle de bonhomme :

« Alors qu’il prenait le soleil sur une colline de Corinthe, Alexandre survint qui lui dit:
– Demande moi ce que tu veux.
Et lui de dire:
– Cesse de me faire de l’ombre ».

Silence

Marie Morel, des tableaux qui parlent…

Hier, je suis allée visiter les œuvres que Marie Morel, peintre, expose depuis Vendredi 18 avril et jusqu’au 16 Juin 2008 au Musée Faure à Aix les bains (73).

Marie, c’est une rencontre. Une histoire belle comme un poème. Voir ses œuvres en vrai. Depuis le mois d’octobre 2007, date à laquelle j’avais eu l’occasion d’échanger quelques mots avec l’artiste, j’en rêvais. J’avais pu voir un petit échantillon de son travail.

J’avais lu et dévoré des yeux des ouvrages qui lui étaient consacrés, mais c’était tout. Enfin non. J’avais aussi écrit à Marie Morel, et elle m’avait répondue. Nous devions nous rencontrer au mois de Novembre, puis, cela ne s’est pas fait. Les fêtes de fin d’année sont arrivées là-dessus, et nous avons reporté à 2008.

Je ne verrai finalement Marie qu’au mois de Juin. En effet, l’artiste, qui a accepté de me consacrer un entretien pour ce blog, est débordée de travail, et elle ne sera pas disponible avant.

Mais l’exposition, qui a lieu au Musée Faure à Aix les Bains, c’est maintenant ! Et elle se termine le 16 Juin 2008.

Me recueillir devant les tableaux de Marie. Penser. Réfléchir. Rêver.

C’est ça que j’ai fait au Musée Faure hier. J’ai pris des notes aussi. Beaucoup. Car, et il faut le savoir, Marie accompagne souvent ses tableaux de mots. Pour moi, ces mots, ils sont des poèmes. Mais jugez plutôt :

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Emerger de l’espace

et peut-être s’envoler

dans les sensations

comme la plume qui

caresse mes mots

mots de ci

mots de là

mots d’amour

et de désir

mots tout au fond de moi

mots des limbes

du mystère

(Tableau L’espace intérieur, 1,34m/1,74; 2004)

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Dans les tableaux de Marie, les mots, et c’est visible, se sentent bien. Mais comment ne pourraient-il pas se sentir bien, dans les tableaux de Marie ? Si justes, si vrais, si beaux.

Le premier que j’ai vu :

L’arbre est en fleur, est immense. Et il est extraordinaire. Plein d’oiseaux, de mots d’amour, plein de bonheur.

Le dernier : Pensées, m’a laissée triste. Me donne envie de réconforter l’artiste. De lui dire, si, l’amour, toujours revient.

Entre l’un et l’autre, Tu es mon amour explose.

Les fantasmes secrets de la nuit est comme éclairé à la bougie du désir.

L’espace intérieur, mon âme y est entrée. Et le tableau lui a parlé. Il lui a dit :

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et à chaque souffle de la vie

oser la conscience de dire

oser peindre

oser être

au plus secret

au plus près de l’essentiel

au coeur de l’espace

.

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L’ exposition des tableaux de Marie Morel :

au Musée Faure, 10 boulevard des Côtes, 73 100 Aix-les-Bains, Tél. : 04 79 61 06 57

Exposition ouverte jusqu’au 16 Juin 2008.

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Ne la ratez pas !

Réjane.

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En savoir plus : pour découvrir le travail de Marie Morel et son univers…

Un livre magnifique : Marie Morel peintre : entretien avec Charles Juliet . – Créteil : YMNA, 2004. -ISBN 2-9521735-0-8. Le monsieur qui a fait le livre se nomme Eni looka et il se définit comme un alchimiste multimédia. Il est fabuleusement talentueux aussi…

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ? A propos de Terre Mère de Jean Malaurie…

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

Le monde est. Le monde est et les hommes haïssent le monde. La Vie est et les hommes haïssent la vie. Pas tous les hommes.

Existe la gravitation. La loi qui la définit a été découverte par les hommes. Par un homme qui a compris la cause qui a permis à la pomme de tomber.

Le Livre parle d’une pomme originale qui provient de l’arbre de la connaissance. Là est le problème de l’homme : la connaissance. Et son utilisation ensuite…

Ce ne sont que des histoires de pommes, alors ? Presque.

L’homme s’est placé sous le pommier et a cru qu’il était au centre du monde. Il continue à croire qu’il est sur le trône.

 

Le monde est et l’homme passe.

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

Dans un très court livre, Jean Malaurie, l’immense aventurier, explorateur, contemplatif et éditeur Jean Malaurie, évoque de nouveau tout ce qui menace notre monde.

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 » Nous sommes des veilleurs de nuit face à une mondialisation sauvage, à un développement désordonné. Si nous n’y prenons garde, ce sera un développement dévastateur. La Terre souffre. Notre Terre Mère ne souffre que trop. Elle se vengera. Et déjà les signes sont annoncés. « 

L’homme hait et le monde passe. Il ne regarde que ce qui se trouve devant lui. Le présent est la seule chose qui existe dans le monde.

Passé et futur ne sont que dans le cerveau des hommes. Et ne leur servent que rarement.

Dans Acide-Arc-en-ciel d’ Erri de Luca, il y a cette phrase :

« Qu’est-il arrivé au monde pour se retrouver à un point tel qu’aucun acte direct ne l’aide, mais que seuls les sacrifices le réconfortent ? »

On n’écoute pas des hommes comme Jean Malaurie, mais on est ému devant l’assassinat de Diane Fossey pendant le temps que dure le succès éditorial d’un livre ou le passage en salle d’un film. Cela nous réconforte de rencontrer une Diane Fossey… Et puis, le temps passe… et les gorilles vont disparaitre…

Il faudrait écouter nos sages. Il faudrait écouter Jean Malaurie et Diane Fossey.

Silence

Sur la piste de Rick Bass, Mingarelli…

Un pas de côté

L’écrivain américain Rick Bass aime la nature. Il écrit avec elle, et se bat pour elle (« Le livre de Yaak », Gallmeister, 2007). Il aime les animaux, tous les animaux. La vie sauvage, celle qui peuple les espaces encore préservés du Montana où il a élu domicile, il l’observe, la décrit, la rencontre, s’en émerveille. Comme il s’émerveille de son chien d’ailleurs, en témoigne son ouvrage Colter (Christian Bourgois, 2001). « Un chien comme Colter aiguise  la joie que nous donne chaque nouvelle saison, et souvent il semble immobiliser le temps, l’intensifie. Et quand il n’est plus là, c’est comme si le monde disparaissait. »

La nature, l’amour des animaux, quels curieux terrains d’inspiration ?

La nature, l’amour des animaux, un livre sur un chien.

Le froid, la neige.

Le vent, le bruit que fait le vent.

Rick Bass, l’écrivain du Montana, amoureux de la nature, fidèle à son chien, auteur de douze merveilleux livres, fait un pas de côté.

La neige est toujours aussi blanche, mais le peintre a changé.

Mingarelli est le peintre

Dans « La dernière neige » (Seuil 2000), Mingarelli dessine une petite chienne qu’un gosse emmène se perdre dans la neige. Lui aussi aime les chiens, la nature. Lui aussi s’émerveille du saut gracieux d’une biche, des allers et venus des oiseaux qui nichent, de voir trembler les feuilles des aulnes.

Hubert Mingarelli, qui réside depuis plusieurs années dans un hameau de montagne de l’Isère, est écrivain. En dix huit ans, il a publié quinze livres.Tous sont de grands mystères.

Période jeunesse

On dit : « Une rivière verte est silencieuse » (Seuil 1999) est son premier roman. Ce n’est pas juste. Il a en effet écrit six livres avant.

Les premiers Mingarelli, classés « jeunesse », sont de ces livres que l’on n’oublie pas.

« Le bruit du vent » (Gallimard 1991), « La lumière volée » (Gallimard 1993), sont des livres pour les grands, autant qu’ils sont de grands livres.

Choc

L’oeuvre de Mingarelli est un choc. D’où vient-elle? Où va -t-elle? On ne le sait pas vraiment, comme on éprouve des difficultés à dire ce que vraiment, il s’y passe. L’oeil est important. C’est en effet par le regard qu’on va à la rencontre des personnages secrets de ses livres. Nous ne saurons jamais grand chose d’eux.

De quelle famille viennent-ils? Que font-ils dans la vie? Quels sont leurs goûts? A quoi se destinent-ils?

Dans aucun de ses livres, Hubert Mingarelli ne s’est essayé à situer quoi que ce soit.

Sa patte à lui, c’est l’ indéfini, l’intemporel.

Quand on sait que les premiers travaux que l’écrivain proposait à la presse étaient… des illustrations, on se dit que peut-être, Mingarelli dessine, plus qu’il n’écrit.

Un homme debout

Mingarelli, qui décidément, ne fait rien comme les autres, décline, dans ses livres, invariablement toujours le même personnage.

Parfois, il est un gosse qui se cache dans un cimetière (« La lumière volée »).

Parfois, c’est un marin qui marche avec un pote (« Hommes sans mère », Seuil 2004).

Dans « Quatre soldats », il est le russe Bénia.

Dans un autre livre, il s’appelle Eladio (« Le voyage d’Eladio, Seuil 2005). Sa vie est dure, très dure.

Dans « Une rivière verte et silencieuse », il a besoin d’argent, l’électricité coupée. Mais c’est toujours un type au grand coeur. Qui contemple ses semblables comme on regarde bouger les oiseaux, ou passer les nuages dans le ciel. Un type qui a choisi l’amitié, l’amour du monde et de la vie. Un homme debout, malgré tout.

Mingarelli lui-même

Il est bien difficile d’évoquer le travail de l’écrivain isérois sans s’attarder quelques secondes sur l’homme lui-même.

Tandis que là, maintenant, j’évoque Hubert Mingarelli, je me dis qu’il est sans doute, lui dont la tâche d’auteur est devenu, au fil des années, un métier à temps plein, en train d’écrire. De vivre cette vie à part qu’il affectionne, avec ses compagnons de route : des hommes qui comme lui, préfèrent les gestes aux discours. 

Réjane

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En savoir plus sur Hubert Mingarelli :

Une vidéo d’Hubert Mingarelli le site du Matricule des Anges

Un billet intéressant sur le blog les filles du Loir