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C’est l’histoire d’une peste : « Zuleika Dobson » de Max Beerbohm (Monsieur Toussaint Louverture, mai 2010)

Disons le nettement : cette Zuleika Dobson, héroîne de l’unique roman de Max Beerbohm,  est une véritable peste. Je pourrai faire de la psychologie bon marché et comprendre… comprendre… – une enfance malheureuse – et patati et patata – que nenni, j’assume mon jugement, cette Zuleika est une peste : séduisant les hommes juste en passant dans la rue (bon, elle n’y peut pas grand chose non plus) – elle, qui d’après son auteur n’est pas particulièrement belle – cela n’est rien mais se jouant d’eux comme on jouerait avec des poupées ou des petits soldats de plomb. Je t’arrache un bras (la poupée) , je te fais sauter d’un pont (le soldat)…

On s’amuse dans ce roman « facétieux », « cocasse », magnifiquement écrit et… on s’ennuie aussi un peu. Paru en 1911, la thématique principale de ce roman est un peu surannée. Mourir par amour n’est plus de mise aujourd’hui. Il fut un temps, jadis, où cela avait sans doute un sens noble, épique, théâtral, que sais-je, terriblement romantique ou très snob. Cela reviendra peut-être. L’auteur décrit très bien cette ambiance que l’on a imaginée ou lue ou vue ailleurs dès que l’on parle d’une grande école anglaise : celle d’Oxford ici. L’auteur n’y peut rien. Le sujet a été source d’inspiration ultérieure. Donc, résumons l’intrigue, outrageusement : un étudiant très brillant, Duc de son état, dandy et desespéré, un peu coincé aussi – faut le dire – s’éprend de cette Zuleika dès qu’il l’aperçoit. Zuleika, parfaite peste, complétement frigide en fait (c’est jamais dit mais…), n’en a cure et le rejette. Le Duc veut mourir. La suite… je ne vous la dis pas…

Max Beerbohm, dans cet unique roman s’en donne à coeur joie, moquant le Duc, la haute et snob société et fait plutôt un portrait au vitriol de son héroïne. Fable sur le snobisme, Zuleika Dobson est un roman qui permet de passer un moment : décalé… un retour vers le passé… ce n’est pas le plus désagréable…

Oui, on s’amuse dans ce roman « facétieux », « cocasse » mais on s’ennuie aussi un peu… Ma lecture est arrivée trop tard, je le regrette.  Il m’est difficile de lire aujourd’hui un Zuleika Dobson, après avoir lu, le roman paru en 1968 qui a réglé définitivement son compte à l’amour passion et à son théâtre, qui dans la cocasserie des situations est monté au Panthéon de la drôlerie et qui a aussi démonté les rouages de la bêtise et du snobisme : j’ai nommé Belle du seigneur de ce cher Albert Cohen. Ce livre est constamment présent dans ma tête pour plusieurs raisons (s’il en faut !) :  les délires de Mangeclous et des oncles de Solal, autre dandy desespéré, sont sources d’inspiration quotidienne… et les rouages de la bêtise et du snobisme sont sources d’observation… quand je n’y participe pas moi-même !

Comprenez-moi bien, je ne suis pas entièrement déçu par ce roman et  les merveilleuses éditions nommées Monsieur Toussaint Louverture n’y peuvent rien… j’ai rencontré ce cher Albert avant de connaitre cet auteur et j’ai cette facheuse manie de comparer… parce que l’émotion est chose rare… que sais-je… J’ai toujours du mal de dire du mal d’un livre ! J’essaie de me justifier, je m’empêtre… Les éditions Monsieur Toussaint Louverture sont d’ailleurs à découvrir et à encourager : la récente sortie du Livre du Chevalier Zifar, illustrée par Zeina Abirached m’a émerveillé… Ca n’a rien à voir mais je tenais à vous le signaler…

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Cette critique du livre Zuleika Dobson de Max Beerbohm est publiée dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio qui permet de partager vos lectures avec d’autres lecteurs. Lire les autres avis et critiques, suivez le lien ci-dessous :

Merci à l’éditeur pour l’envoi de ce livre et merci aux ours de Babelio !

Silence

 

On dirait une ville, c’est un cimetière


Dans son recueil de poèmes « On dirait une ville« , Françoise Collin nous emmène dans un univers tout en contraste, où les villes sont des cimetières, où l’ange, comme l’oiseau, sont des charognards, où sous chaque vivant, il y a un mort, et où le grand curateur, celui qui fait tinter les clés du monde, comme elle l’appelle, ne remplit pas toujours ses fonctions d’ordonner le chaos, parfois, souvent, s’en va.

Les pauvres, ici, ne sont pas riches. Ils souffrent bien trop pour cela, et la poétesse est une éponge, un buvard, qui aspire à parler de la ville, de Paris, et de qui va qui vient.

Seule à Paris, seule un été à la campagne (le recueil se poursuit par « Chronique d’un été »), Françoise Collin regarde, flotte entre ses aujourd’hui d’hier, ceux de demain, et ses maintenant.

Des poèmes comme des points sur une vie.

« un roitelet

une mésange

un chat

une tache de soleil

les vaches ruminent

au milieu de leur pré

une prune tombe

femme assise à son miroir

femme assise à son écran

une vie de queue de cerise

la cloche sonne pour les morts

un chien aboie dans les collines

on s’arrange avec des mots

quand le vent casse les tuiles

on rit on pleure on étouffe

on court les routes en voiture

on revient dormir il fait nuit

des insectes collés aux phares

quand on shootera dans les betteraves

l’été sera fini

maintenant elles poussent

on a tout le temps

une vie avec des sandales

et une vie avec des bottes

une vie pieds nus dans l’herbe

quand on ramasse les fruits

une vie de rien du tout

pas même écrite

une bagatelle

une phrase serrée sur elle-même

des points sur les i.« 

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« On dirait une ville », Françoise Collin. – Des femmes, Antoinette Fouque, 2008

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Réjane

Cette critique est publiée dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio.

My Masse critique 1 : Journée lunaire d’Emmanuel Olivier aux éditions L’Altiplano

Merci à ceux qui m’ont supporté“. Telle est la phrase en exergue au premier livre de bande dessinée d’Emmanuel Olivier : Journée lunaire publié par les récentes éditions L’Altiplano. Tel pourrait être aussi le dilemme de Thomas, le personnage dépressif de cette bande dessinée placée sous les auspices de l’astre sélène , qui ne supporte plus sa vie, les autres, la société…

 

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On a tous connu une journée comme celle vécut par Thomas, le héros perdu de cette histoire. Journée sans lumière, journée sans âme. Journée noire et blanche comme le trait et les dessins de l’auteur. Ambiances sombres et quotidien désolant où l’on n’a plus envie de rien. Parfois, au détour du vol, de deux mouches, les pensées de l’auteur semblent se mélanger avec les propos du personnage. Thomas ne sait plus où il en est, proche de la folie, est persuadé que ses cauchemars se réalisent dans la vraie vie. Thomas vivra une journée explosive, libératrice pour atteindre la catharsis qui le libèrera de son quotidien, pour transformer ses cauchemars en rêve, retrouver une certaine sérénité, un autre rythme.

Graphiquement, sur ce premier travail publié, la force de l’histoire permet de faire passer les proportions parfois approximatives des personnages. On privilégiera les cadrages et cette utilisation judicieuse du noir et blanc pour les mises en situation grâce à une multiplication de traits incisifs pour créer du dynamisme.

D’après sa notice bibliographique, Emmanuel Olivier est né en 1983. “Après quelques tâtonnements, il s’est lancé pleinement dans la bande dessinée lors de ses études aux Beaux-Arts d’Épinal. Actuellement en quête d’un emploi, mais guère convaincu par la démarche, aussi commune soit-elle, il se demande, lui aussi, s’il a encore le droit de croire en ses rêves.”

Un jeune auteur à encourager…

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Cette critique est publiée dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio.

Silence.

Ohé du (biblio)blogueur ! Il reste des livres à critiquer ! Babelio grâce à son opération Masse critique vous offre un livre !

Ceci est un appel pour participer à Masse Critique du site Babelio.

Il reste des livres à critiquer et les ours de Babelio vous en envoie un « gratos » à deux conditions : vous êtes membre de Babelio et vous tenez un blog.

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Ensuite, il suffit de lire le livre et d’ajouter sa critique… puisqu’il sera dans votre bibliothèque…

Illico presto, allez vite choisir le ou les livres que vous souhaiteriez partager avec les autres…

Silence