Archives du mot-clé Stephen Jay Gould

Un livre à lire absolument : « La vie est belle » de Stephen Jay Gould

A propos de « la vie est belle : les surprises de l’évolution » de Stephen Jay Gould (Seuil, 1991), j’approfondis mon précédent billet sur cet ouvrage vital (si je peux me permettre…).

Dans les débats actuels concernant la montée en puissance de critiques surréalistes sur le darwinisme, il est important de lire ce livre. Gould y évoque la nouvelle interprétation d’un site unique découvert dans les années 1910 : les schistes de Burgess. Qui bouleverse nos conceptions de l’apparition et du développement de la vie. Jusqu’à présent, on pensait que la vie s’était diversifiée à partir de quelques espèces inférieures et que dans un second temps, étaient venues la diversité avec la complexité. Une belle courbe, en somme, qui permettait d’arriver au summum de l’évolution : NOUS, l’Homme… Gould montre que cette théorie du cône de diversité croissante ne fonctionne plus…

En effet, à partir de l’explosion de la période dite du Cambrien, survenue il y a environ 530 millions d’années, le vie a créé une multitude d’espèces que Gould nomme la disparité morphologique.

Puis, le temps aidant, une décimation de ces espèces a eu lieu. Décimation au sens de un pour dix. Ce qui change notre idée du progrès !

Dès le début, la nature avait envisagé plusieurs possibilités!

Vint l’élimination des moins adaptés.

Et régulièrement, Gould montre que notre arrivée, nous les homos sapiens, est fortuite, voire inespérée, aurait très bien pu ne pas arriver…

Cela détrône encore un peu plus notre égocentrisme et toutes nos transcendances…

a5xa7lif.jpg

Silence

Voir aussi le site de La Cité des Sciences.

« Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant… » Charles Darwin

« Il est intéressant de contempler un rivage luxuriant tapissé de nombreuses plantes appartenant à de nombreuses espèces abritant des oiseaux qui chantent dans les buissons, des insectes variés qui voltigent çà et là, des vers qui rampent dans la terre humide, si l’on songe que ces formes si admirablement construites, si différemment conformées, et dépendantes les unes des autres d’une manière si complexe, ont toutes été produites par des lois qui agissent autour de nous. Ces lois, prises dans leur sens le plus large, sont :
* la loi de croissance et de reproduction ;
* la loi d’hérédité qu’implique presque la loi de la reproduction ;
* la loi de variabilité, résultant de l’action directe et indirecte des conditions d’existence, de l’usage et du défaut d’usage ;
* la loi de multiplication des espèces en raison assez élevée pour amener la lutte pour l’existence, qui a pour conséquence la sélection naturelle, laquelle détermine la divergences des caractères, et l’extinction des formes moins perfectionnées.
Le résultat direct de cette guerre de la nature, qui se traduit par la famine et par la mort, est donc le fait le plus admirable que nous puissions concevoir, à savoir : la production des animaux supérieurs.
N’y a-t-il pas une véritable grandeur dans cette manière d’envisager la vie ?« 
.
(Charles Darwin, L’origine des espèces)
.
.

frejus-moutonne.jpg
. (photo N. Martin)
.
Darwin… Copernic, Galilée, Freud, Stephen Jay Gould… des phares pour nous, les hommes… engoncés dans nos peurs de mourir et de vivre… J’aime bien rapprocher ceux d’entre-nous que l’on étiquètent comme scientifiques avec les artistes, les poètes, les écrivains. La frontière de la compréhension est souvent si ténue que les intuitions des uns sont souvent confirmées par les autres.
Phares… parce qu’il y a le poème éponyme du sieur Baudelaire.
Après Gould, j’aborde aux rivages d’un autre seigneur de chair, d’os et d’intelligence : Pascal Picq.
.
« Qui s’y frotte s’y p… » (A.R.)
.
Silence

« La vie est belle : les surprises de l’évolution » de Stephen Jay Gould

Ceci dans la lecture de « la vie est belle : les surprises de l’évolution » de Stephen Jay Gould (Trad. Marcel Blanc. – Seuil, 1991) , paléontologiste et géologue, mort au début du XXIème siècle :

« Mais, comme l’a remarqué Freud, notre rapport à la science ne peut être que paradoxal, puisque nous devons payer un prix presque intolérable pour chacun de nos progrès dans la connaissance et le pouvoir sur ce monde – un coût psychologique lié à notre détrônement progressif du centre des choses, et à notre marginalisation croissante dans un univers indifférent. C’est ainsi que la physique et l’astronomie ont relégué notre monde dans un coin du cosmos, tandis que la biologie a fait passer notre statut de simulacre de Dieu à celui d’un singe nu marchant debout.

La géologie, ma discipline, a contribué à cette redéfinition cosmique, en apportant elle aussi des éléments de bouleversement – les données les plus renversantes de la géologie, en quelque sorte. Au tournant du XXème siècle, on s’est rendu compte que la Terre existait depuis des millions d’années et que l’espèce humaine n’avait occupé que la dernière milli microseconde géologique de cette histoire – le dernier centimètre du kilomètre cosmique, ou la dernière seconde de l’année géologique, selon les métaphores pédagogiques les plus courantes.

Il nous est difficile d’admettre tout ce qu’impliquent cette nouvelle et bouleversante vision du monde. Si l’humanité n’est apparue qu’hier, en tant que petit rameau d’une branche au sein d’un arbre florissant, alors la vie ne peut en aucune façon avoir eu pour sens de préparer notre venue. Nous ne sommes peut-être qu’un rajout imprévu, une sorte d’accident cosmique, une babiole sur l’arbre de Noël de l’évolution. »

Je vous encourage à courir chez votre libraire ou vote bibliothèque la plus proche pour découvrir ce livre. Au début, accrochez-vous, SJG décrit la méthode employée (c’est un livre de scientifique) ensuite c’est une merveille ! C’est alors un livre de philosophie…

Silence

bibliographie-pour-stephen-jay-gould.doc