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L’intelligence dans la nature… (Marcel Pagnol)

« Blaise : […] L’intelligence, dans la nature, ce n’était qu’une pauvre petite lueur qui devait nous guider dans l’accomplissement des actes quotidiens. Et nous sommes comme serait un homme qui porte une lampe dans un souterrain à la recherche d’un trésor. Soudain, la lampe fume, ou flamboie, ou ronfle, ou crépite. Alors, il s’arrête, il s’assied par terre, il fait monter ou descendre la mèche, il règle des éclairages. Et ce travail l’intéresse tant qu’il a oublié le trésor, qu’il finit par croire que le bonheur c’est de perfectionner une lampe et de faire danser des ombres sur le mur. Et il se contente de ces pauvres joies de lampiste, jusqu’au jour où il voit soudain que sa vie s’est passée à ce jeu puéril… Alors, il veut se lever, il tend les mains vers le trésor… Trop tard ! La mort déjà le tient à la gorge. L’intelligence, c’est la lampe. Le trésor, ce sont les joies de la vie. »

(« Jazz » (1926), dans Œuvres complètes I : Théâtre / Marcel Pagnol. – Ed. de Fallois, 1995. – acte II, scène 8, p. 225)

On trouve chez Albert Cohen le même type d’idée. Mais les deux compères étaient amis…

Silence

En ces temps commémoratifs, le mot Révolution…

En ces temps commémoratifs, comme on entend beaucoup de bêtises sur les malheurs ou les bienfaits de Mai 68 (Il suffit simplement de comparer les droits de l’époque actuelle avec l’époque d’avant 70 pour en tirer un bilan… positif…malgré tout), je vous propose la définition de Révolution selon le père de Marcel Pagnol… qui m’a toujours bien plu :

« Mon père expliquait à ma mère que, dans la société future, tous les châteaux seraient des hôpitaux, tous les murs seraient abattus, et tous les chemins tracés au cordeau.
« Alors, dit-elle, tu veux recommencer la révolution ?
Ce n’est pas une révolution qu’il faut faire. Révolution, c’est un mot mal choisi, parce que ça veut dire un tour complet. Par conséquent, ceux qui sont en haut descendent jusqu’en bas, mais ensuite ils remontent à leur place primitive… et tout recommence. Ces murs injustes n’ont pas été faits sous l’Ancien Régime : non seulement notre République les tolère, mais c’est elle qui les a construits ! »
J’adorais ces conférences politico-sociales de mon père, que j’interprétais à ma façon, et je me demandais pourquoi le président de la République n’avait jamais pensé à l’appeler, tout au moins pendant les vacances, car il eût fait en trois semaines le bonheur de l’humanité.
« 

(La Gloire de mon père /Marcel Pagnol. – éd. Livre de poche, 1967. –  p. 135)

Ca n’a rien à voir mais Marcel Pagnol était un grand ami d’Albert Cohen… Deux écrivains que nous devrions relire intensément… Pourquoi Albert Cohen est si mal connu ? Mystère… Je suis constamment surpris qu’il n’existe pas une grande biographie de Cohen qui montrerait son travail de diplomate et ses engagements…

Silence