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La douceur – Le bonheur – La jubilation

La douceur

La douceur est la qualité la moins partagée au monde. Elle est perçue comme une fragilité, pire une faiblesse. Elle serait une arme si justement elle n’était pas l’anti-arme par excellence. Isole celui qui la possède. Qui n’a plus d’autre choix que l’impasse de la carapace. Des années, il faut, pour s’en débarrasser, de la carapace. Et retrouver le chemin… La totalité lutte contre votre douceur. Celle-ci n’est qu’ individuelle, unique et ne rencontre que rarement une autre douceur, différente. Un frisson dans l’échine est sa marque de reconnaissance. La contemplation, son mode de compréhension. La contemplation est ce moment d’ouverture au monde. Une fêlure volontaire. Un début de tolérance, mais, ce mot est trop grand pour nous, humains, qui mourrons souvent de soif près de la fontaine.

Le bonheur

Le bonheur, celui-là, on dirait qu’il a une bonne tête d’images d’Epinal. Il est par essence multiple et indéfinissable. Courant dans le fleuve. Dissimulé et tombant dans la mer dès que l’on veut le canaliser.

La jubilation

Un trop-plein permanent. Un épuisement de la vie par consentement personnel. Un dru désir. Un acte. Un choix.

Silence

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« La douceur est invincible » (Marc-Aurèle)

Lire : Petit éloge de la douceur / Stéphane Audeguy. – Gallimard, 2007. – (Folio, 4618)

 

J’aime les nuages… les merveilleux nuages !

« J’aime les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !« 

(Charles Baudelaire, l’étranger in Petits poèmes en prose, 1862)

Des stratocumulus au-dessus de la Méditerranée un jour de novembre 2007.
(Photo : Nathalie Martin)

Trois occasions de lever les yeux au ciel :

un merveilleux roman : la théorie des nuages de Stéphane Audeguy (Gallimard, 2005) où vous retrouverez le pharmacien anglais Luke Howard, un des premiers à avoir décrits et nommés ces objets volants non identifiés à l’époque (autour de 1802) ;

Le guide du chasseur de nuages de Gavin Pretor-Pinney (Trad. Judith Coppel-Grozdanovitch. – Lattès, 2007), une publication officielle de l’association citée ci-dessous ;

Pour voir d’autres images et rencontrer d’autres fondus de nuages , rejoignez le site de la Cloud Appreciation Society

Et leur manifeste du chasseur de nuages en anglais et traduit ci-dessous par Judith Coppel-Grozdanovitch :

Nous pensons que les nuages sont injustement dénigrés et que la vie serait incomparablement plus pauvre s’ils n’existaient pas.

Nous croyons que les nuages sont des poèmes de la Nature, les plus équitables parmi ses bienfaits car chacun peut les observer à loisir.

Nous nous engageons à combattre sans relâche le diktat du « ciel bleu » chaque fois que nous les rencontrerons, car la vie serait d’un ennui sans nom si nous étions condamnés à la monotonie d’un éternel ciel sans nuage.

Nous nous efforcerons de rappeler aux gens que les nuages expriment les humeurs de l’atmosphère et qu’à ce titre, comme les expressions humaines, ils sont sujets à interprétations.

Nous pensons que les nuages parlent aux rêveurs et que l’âme s’enrichit à les contempler. En vérité, ceux qui s’abandonnent aux évocations suscitées par leurs formes feront l’économie d’une psychanalyse.

Et nous déclarons donc à qui veut l’entendre :

« lève les yeux, émerveille-toi de l’éphémère beauté, et vis ta vis la tête dans les nuages« 

Alors, vous signez ?

Silence

Membre n° 11735 de la Cloud Appreciation Society