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Comment on pleure en Italien ? d’après Erri de Luca et son Montedidio…

A Naples, dans les années cinquante, c’est le Napolitain la langue.

L’Italien, que les enfant apprennent à l’école, lisent facilement et écrivent, reste, dans la bouche de nombreux adultes qui n’ont pas apprise cette langue, une langue du Dimanche.

Erri De Luca parle de ça dans son roman Montedidio (Gallimard, 2002 pour la traduction française), que des enfants peuvent voir leur père déchiffrer avec beaucoup de difficulté le journal.

L’enfant de Montedidio a treize ans. Alors lui, ce qui est drôle, est qu’il parle Napolitain, mais qu’il écrit en Italien.

Il a quitté l’école et maintenant, il travaille.

Les faits de sa nouvelle vie, il les écrit sur un rouleau de papier. Il écrit son journal en somme.

« Le rouleau tourne et je vois déjà écrites les choses passées, qui s’enroulent aussitôt. »

A un moment, il est confronté à un problème.

C’est après que Don Rafaniello, qui travaille avec lui, soit passé des larmes au rire.

« Tandis que j’écris sur le rouleau, je ne me rappelle plus comment on dit en Italien : il a éclaté en larmes ou bien les larmes ont éclaté. »

Il sait quelque temps après. Quand le deuil s’abat. Sur son père. Sur la menuiserie qu’on ferme. A l’hôpital où la maman n’est plus.

« Alors, les larmes éclatent, maintenant, je sais que ça se dit comme ça en Italien, parce qu’elles sortent et se détachent des yeux avec une explosion de l’intérieur, un coup qui les pousse. »

Réjane

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Pour en savoir plus,

perdez-vous sur le site indispensable consacré à Erri de Luca

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ? A propos de Terre Mère de Jean Malaurie…

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

Le monde est. Le monde est et les hommes haïssent le monde. La Vie est et les hommes haïssent la vie. Pas tous les hommes.

Existe la gravitation. La loi qui la définit a été découverte par les hommes. Par un homme qui a compris la cause qui a permis à la pomme de tomber.

Le Livre parle d’une pomme originale qui provient de l’arbre de la connaissance. Là est le problème de l’homme : la connaissance. Et son utilisation ensuite…

Ce ne sont que des histoires de pommes, alors ? Presque.

L’homme s’est placé sous le pommier et a cru qu’il était au centre du monde. Il continue à croire qu’il est sur le trône.

 

Le monde est et l’homme passe.

Pourquoi notre monde n’écoute jamais ses sages ?

Dans un très court livre, Jean Malaurie, l’immense aventurier, explorateur, contemplatif et éditeur Jean Malaurie, évoque de nouveau tout ce qui menace notre monde.

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 » Nous sommes des veilleurs de nuit face à une mondialisation sauvage, à un développement désordonné. Si nous n’y prenons garde, ce sera un développement dévastateur. La Terre souffre. Notre Terre Mère ne souffre que trop. Elle se vengera. Et déjà les signes sont annoncés. « 

L’homme hait et le monde passe. Il ne regarde que ce qui se trouve devant lui. Le présent est la seule chose qui existe dans le monde.

Passé et futur ne sont que dans le cerveau des hommes. Et ne leur servent que rarement.

Dans Acide-Arc-en-ciel d’ Erri de Luca, il y a cette phrase :

« Qu’est-il arrivé au monde pour se retrouver à un point tel qu’aucun acte direct ne l’aide, mais que seuls les sacrifices le réconfortent ? »

On n’écoute pas des hommes comme Jean Malaurie, mais on est ému devant l’assassinat de Diane Fossey pendant le temps que dure le succès éditorial d’un livre ou le passage en salle d’un film. Cela nous réconforte de rencontrer une Diane Fossey… Et puis, le temps passe… et les gorilles vont disparaitre…

Il faudrait écouter nos sages. Il faudrait écouter Jean Malaurie et Diane Fossey.

Silence

« Valeur » un poème d’Erri de Luca

J’attache de la valeur à toute forme de vie, à la neige, la fraise, la mouche.

J’attache de la valeur au règne animal et à la république des étoiles.

J’attache de la valeur au vin tant que dure le repas, au sourire involontaire, à la fatigue de celui qui ne s’est pas épargné, à deux vieux qui s’aiment.

J’attache de la valeur à ce qui demain ne vaudra plus rien et à ce qui aujourd’hui vaut encore peu de chose.

J’attache de la valeur à toutes les blessures.

J’attache de la valeur è économiser l’eau, à réparer une paire de souliers, à se taire à temps, à accourir à un cri, à demander la permission avant de s’asseoir, à éprouver de la gratitude sans se souvenir de quoi.

J’attache de la valeur à savoir où se trouve le nord dans une pièce, quel est le nom du vent en train de sécher la lessive..

J’attache de la valeur au voyage du vagabond, à la clôture de la moniale, à la patience du condamné quelle que soit sa faute.

J’attache de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur.

Bien de ces valeurs, je ne les ai pas connues.

(Valeur in Œuvre sur l’eau/ Erri de Luca ; Trad. de l’italien par Danièle Valin. – Seghers 2004)

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Toute l’actualité d’Erri de Luca.

Et puis, un conseil comme cela : allez voir son ami et musicien, poète et chef de gare ! : Gianmaria Testa.

Silence