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Les groupes théâtre de Frédérique : du bonheur dans le quotidien

Dans ce nouveau billet de Réjane, vous trouverez la suite de son billet au long cours   » De l’œuvre au spectacle vivant… en trois rencontres…« . Nous avions vogué avec l’ écrivain et éditeur Christian Poslaniec qui anime une collection de théâtre pour la jeunesse chez Retz  ; puis poursuivi notre voyage avec Frédérique, sa fille, metteur en scène et comédienne, avec une première escale dans les coulisses d’un de ses spectacles. Nous retrouvons aujourd’hui, Frédérique, dans le tryptique suivant :

Les groupes théâtre de Frédérique : du bonheur dans le quotidien

suivi de

Entre répétitions et spectacle, Frédérique m’accorde un entretien

suivi de

Une mini-odyssée comme en rêve : « Le bout du bout du monde » , une création pour les petits, avec Frédérique Poslaniec, Hélène Arthuis et les marionnettes de Jean-Pierre Lopez

Bonne lecture à vous,

A venir, un billet sur un merveilleux créateur de marionnettes : Norbert Choquet…

Silence

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Les groupes théâtre de Frédérique :

du bonheur dans le quotidien

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Le dimanche 29 novembre à Vernie (72), c’est marché de l’Avent à la salle des fêtes. Les visiteurs, nombreux, musardent entre les étals. Soudain, on installe des chaises devant la scène que dissimule un lourd rideau. On s’assoit, attentifs à ce qui arrive, tandis que Frédérique Poslaniec, tunique rouge et bonnet assorti, annonce au micro son groupe d’ados.

Le théâtre s’est invité au marché de Noël :  le visiteur était un chaland, il devient spectateur.

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Les ados du groupe de Théâtre de Neuvy en Champagne (72) nous font un cadeau théâtre

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En travaillant régulièrement avec des groupes d’amateurs de théâtre, Frédérique Poslaniec met du bonheur dans le quotidien.

Les enfants qui la retrouvent après l’école à Savigné L’Evêque le savent bien. La troupe d’adultes, venant travailler le théâtre en soirée, le savent aussi.

Quant aux ados, capables de préparer en un temps record une prestation sur Noël qui créera l’évènement,  ils nous font un cadeau théâtre, et c’est un bonheur !

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Mettre en scène : un challenge

Lorsque je questionne Frédérique au sujet de ses mises en scène, alors que je viens d’assister à deux séance de répétitions avec ses comédiens amateurs, Frédérique me présente ce travail ainsi : « Mettre en scène est une activité qui découle à la base de mon métier de comédienne« . Frédérique, que la magie du spectacle a saisie très jeune, met son énergie, sa sensibilité et son goût du beau au service des projets de scène qu’elle vise.

Qu’il soit collectif, à deux ou individuel, que sa réalisation nécessite une année de travail ou qu’elle s’effectue « à l’arrache », chaque spectacle est pour Frédérique un défi à relever.

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Du sur mesure

Revenons au Marché de l’Avent. Nous sommes dimanche 29 novembre. Dehors, il fait gris et il vente, tandis qu’une bonne chaleur règne dans la salle tout en longueur qui reçoit les gens. Il reste un petit mois avant Noël, et la comédie que sont en train de représenter sur scène les ados est justement une digression sur Noël. Vêtus des costumes de Père Noël, de Roi mage, de père Fouettard, de Saint Nicolas, ou alors sortis du lit en longue chemise de nuit, les jeunes gens s’amusent, en un large tour d’horizon, à nous réécrire le 25 décembre.

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Une pièce taillée pour les fêtes, couchée sur le papier par Frédérique (à gauche) à partir d’un travail commun d’improvisation

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C’est pointu et c’est drôle, c’est de circonstance, et si ça tombe à pic, si ça colle à la situation, aux acteurs et aux spectateurs du moment que nous sommes, ce n’est pas par hasard.

A la fin de la prestation, j’ai le fin mot.

Frédérique, qui n’avait pas quitté des yeux ses « poulains » et qui avait même rejoint la scène pour terminer le spectacle avec eux en chanson, peut à présent me parler.

Elle m’apprend alors que la pièce est du sur mesure. Elle l’a couchée sur le papier quelques jours plus tôt à partir d’un travail commun d’improvisation sur le thème de Noël.

Dès le lendemain, constatant que le groupe d’enfants qu’elle encadre travaille également sur un spectacle écrit par ses soins, je considérai indispensable de la questionner sur le sujet.

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Entre répétitions et spectacle,

Frédérique m’accorde un entretien

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J’avais vu mentionné le nom de Frédérique Poslaniec dans un livre de la collection  « Premiers rôles »  consacré au théâtre. Le chapitre qu’elle signait donnait des indications de mise en scène sur la pièce qui était publiée. J’avais apprécié une écriture directe, des conseils bien vus, et noté un appel à la créativité qui m’avait plu.

Christian Poslaniec, l’écrivain auquel  Silence et moi nous intéressons depuis plus d’un an maintenant, nous avait indiqué, par l’intermédiaire des livres de cette collection, le chemin du théâtre.

Sa fille Frédérique, qui a accepté de me montrer son travail, me permet d’emprunter ce chemin : elle m’emmène sur les planches, et, entre une séance de préparation de son groupe théâtre et la représentation de son spectacle, m’accorde un entretien.

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Réjane : Tu es metteur en scène, comédienne, tu diriges  la compagnie Théâtre Tout Terrain, que tu as créée en 2000, tu crées des lectures, des spectacles, tu es chanteuse, tu encadres et mets en scène des comédiens amateurs enfants et adultes.

Ta vocation a-t-elle pris naissance dans le cadre d’ateliers théâtre ?

Frédérique Poslaniec : Pas du tout. Mon envie au départ était de faire de la scène. J’ai eu l’habitude petite d’aller voir des spectacles et j’ai eu un jour un déclic. Un spectacle m’a enthousiasmé, c’était des ballets polonais, des danses donc. Ce spectacle était extraordinaire pour l’énergie qu’il dégageait et m’avait transportée.

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« J’ai eu l’habitude petite d’aller voir des spectacles et j’ai eu un jour un déclic…« 

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R : Si tu devais nous parler des points forts de ton parcours, que choisirais-tu de nous dire ?

FP : Les points forts dans ce métier c’est les rencontres qu’on fait. J’ai fait des rencontres marquantes avec certains metteurs en scène lorsque je débutais en tant que comédienne. Nadine Rémi a été quelqu’un de très important dans mon parcours. C’est un mentor. Elle m’a appris beaucoup de choses d’un point de vue scénique. D’un point de vue professionnel en général, j’ai beaucoup appris et compris comment fonctionne ce  métier à tous les niveaux, (pas seulement sur scène mais aussi derrière la scène, devant la scène, derrière une caméra, administrativement aussi) grâce au Théâtre du Guichet Montparnasse, et à Annie Vergne qui dirigeait ce théâtre. Elle m’a permis d’être de l’autre côté du rideau. J’étais comédienne dans ce lieu mais je travaillais aussi sur la programmation. J’ai eu ainsi l’occasion de voir énormément de spectacles, et c’est très formateur. Lire aussi est très formateur et j’ai beaucoup lu de textes à cette époque-là.

R : Ce métier t’a-t-il  apporté des déceptions ?

FP : Oui, forcément. Quand on démarre dans ce métier, qu’on a quinze ans ou dix sept ans on a beaucoup d’illusions. On pense que le travail, le talent ou l’envie vont suffire à  mener une carrière comme on imagine. On se projette dans une norme retransmise par les médias qui n’est absolument pas la norme des gens qui pratiquent ce métier. Sauf à quelques exceptions près, c’est rarement un parcours où on monte en haut de l’affiche. C’est pierre à pierre qu’on bâtit  son chemin, et la reconnaissance publique n’est pas forcément au rendez-vous. Et pour autant, on pratique quand même ce métier.

R : Tu dis : « C’est pierre à pierre qu’on bâtit son chemin « . Est-ce que parfois, tu as dû ramer ?

FP : Oui, certainement j’ai ramé et je rame encore par moments. Mais j’estime que j’ai eu aussi beaucoup de chance.

Parce que j’ai décidé de faire ce métier et qu’à l’heure actuelle vingt cinq ans plus tard, j’en vis. J’ai réussi à réaliser ce que j’avais envie de faire et à m’en sortir à peu près économiquement ce qui n’est pas donné à tout le monde, surtout à l’heure actuelle.

R : Tu as eu envie, parfois, de changer de métier ?

FP : Non pas du tout. J’ai envie d’évoluer, de ne plus forcément faire tout à fait les mêmes choses. Je me dirige beaucoup plus vers les parties musicales et chantées. C’est ce qui m’intéresse de plus en plus. Mais ça reste dans le domaine du spectacle.

Ce que j’aime dans ce métier est qu’on travaille avec des gens. J’ai envie d’apporter aux gens un moment d’évasion, un moment de bonheur, de réflexion. Mon travail avec des groupes d’enfants ou d’adultes c’est aussi ça : leur permettre de changer leur quotidien, de voir les choses sous un autre angle, et d’avoir du plaisir.

Si je devais changer de métier, ce serait pour être encore plus utile.

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« J’ai envie d’apporter aux gens un moment d’évasion, un moment de bonheur, de réflexion… »

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R : Ta compagnie propose un menu de lectures animées qui sont d’une grande saveur littéraire :

Jean Anouilh, Prévert, Aragon, Maupassant, Daudet, Perrault, Andersen, Kafka, et bien d’autres, font partie des auteurs que tu donnes en lecture dans le cadre de véritables petits spectacles  : « Drôles de bêtes« , « Histoires à fond de train« , « Histoires de pantoufles« , « Histoires de l’histoire« ,  etc.

Peux-tu nous  parler de ces lectures ? D’où te vient l’idée des thèmes ?

FP : Les thèmes viennent parfois de commandes : on me demande de venir lire sur un thème précis, et à ce moment-là, je fais une recherche sur ce thème. Parfois ça correspond à des envies que j’ai moi, simplement.

R : Ta lecture  « Histoires à fond de train » possède un titre qui attire la curiosité. Que pourrais-tu nous dire de cette lecture ?

FP : C’était une envie. J’avais eu l’occasion de lire plusieurs textes autours du train, et je me suis dit que c’était un thème intéressant qu’on pouvait peut-être exploiter dans les gares. Cette lecture s’articule autours d’une nouvelle « L’homme au sac à dos vert » d’un auteur estonien, Arvo Valton. Elle raconte comment un homme qui a décidé de lire dans une gare intrigue les gens puis au bout d’un moment, inquiète les  pouvoirs publics. Ça monte  en puissance. On se demande si ce n’est pas un complot contre l’état. Il y a même les services secrets qui viennent se renseigner sur lui. Jusqu’au point où on se dit on va l’arrêter, parce qu’il lit à voix haute dans une gare. Cette nouvelle m’avait beaucoup plus, et j’avais envie d’articuler sur ce thème d’autres choses.

R : Comment choisis-tu les textes de tes lectures?

FP : Souvent je me base sur un texte ou deux que je connais déjà, ou que j’ai envie de découvrir parce que j’en ai entendu parler,  et puis après je fais de la recherche. Je lis beaucoup. Ensuite, je relie les textes entre eux, avec un jeu de scène ou un personnage.

R : En tant que créatrice de lectures animées et de spectacles originaux, tu es amenée à prendre la plume. Tu écris aussi des scènes pour les groupes d’amateurs que tu encadres. Etre metteur en scène, créer des spectacles, sont des activités qui sont donc non seulement en lien étroit avec les textes mais qui consistent souvent à en écrire.

Est-ce que tu aimerais aller plus loin avec l’écriture ?

FP : Aller plus loin dans l’écriture me plairait. J’ai du goût pour ça, mais il faudrait que j’ai une autre vie pour pouvoir vraiment écrire. Il faut une concentration, pouvoir se poser à sa table, pouvoir se relever la nuit quand on a une idée. J’aime ça. C’est vrai que c’est agréable à faire, mais étant souvent à l’extérieur, j’ai du mal à me poser pour écrire. Je le fais là parce que j’en ai l’utilité concrète pour les spectacles que je monte avec mes groupes d’amateurs. Je ne trouve pas toujours des écrits qui s’adaptent aux  groupes que j’encadre,  donc je suis souvent amenée à écrire des choses à partir d’improvisations qu’ils me proposent. J’écris au fur et à mesure de mes activités et c’est toujours en lien avec celles-ci.

R : On pourrait donc dire des textes que tu écris pour les ados ou les enfants avec qui tu travailles qu’ils sont faits sur mesure. Ils correspondant à un projet précis avec un groupe donné et par conséquent, ne peuvent pas être utilisés dans un autre contexte  Est-ce que ça ne te chagrine pas de réaliser des productions écrites qui, une fois qu’elles ont servi, passent aux oubliettes ?

FP : Non, ça ne me chagrine pas parce que c’est bien de repartir sur autre chose, une autre aventure. Mais il peut m’arriver de reprendre quelque chose que j’ai écrit  et de l’utiliser pour un autre projet. Dans ce cas, à partir d’une même base, je réadapte au nouveau groupe. Alors il est bien évident que je ne vais pas refaire  le même spectacle  trois fois dans l’année car cela m’ennuierait. Mais au bout de sept huit ans on peut reprendre les écrits antérieurs et les rénover. Et ça reste vivant.

R : Ressens-tu une fierté particulière lorsque tes groupes travaillent sur un spectacle dont l’écriture te revient ?

FP : Sincèrement non. Là où je suis contente c’est quand ça roule bien, que ça tourne. Je sais d’où on est parti, de quelques improvisations,  et je suis contente d’avoir réussi à transformer ça. C’est un challenge. Mais fière que ce soit mon texte non, je n’ai pas de fierté avec ça.

R : Tu es contente que ça fonctionne, qu’il s’agisse indifféremment de ton texte ou de celui d’un autre auteur ?

FP : Oui. Ce qui m’intéresse est le but final, le spectacle en lui-même. Le plaisir qu’on a en tant que spectateur une fois que tout est prêt, que tout est fini.

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« Ce qui m’intéresse est le but final, le spectacle en lui-même… »

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R : Ton père est écrivain. Tu es metteur en scène. Vous êtes l’un et l’autre dans la pratique de deux activités professionnelles bien différentes. Pourtant, lorsque met en parallèles vos productions :  les livres pour lui, les spectacles pour toi, on trouve de nombreux points communs : l’exigence, la quantité, la variété, l’inventivité.

Ton père t’a t-il guidé, aidé ? A-t-il eu une influence sur ta réussite ?

FP : Le domaine du spectacle où j’exerce est différent du domaine de prédilection de mon père qui est l’écriture. Mais mon père m’a transmis quelque chose qui compte beaucoup dans son métier et qui joue un grand rôle dans mon travail, c’est sa curiosité. Cette curiosité fait que je m’intéresse à des disciplines variées et que je les mêle dans mes spectacles. Ce qui m’intéresse, c’est de ne pas faire les même choses, d’explorer des univers différents et d’être très éclectique dans mes affections artistiques. J’adore l’opéra, mais je peux aussi aimer les One man show comiques. Je navigue sur des créneaux  populaires, mais je m’intéresse aussi à des choses qui peuvent sembler élitistes. Je suis capable de lier les deux. Lui aussi, et je pense que c’est quelque chose qu’il m’a transmis.

Mon père d’autre part, m’a aidé a développer ma profession en m’apprenant à communiquer, à contacter les gens, à faire des démarches. C’est un point de notre travail dont on ne parle pas, qu’on ne voit pas du tout, mais c’est en réalité peut-être soixante dix pour cent de notre activité. Pour pouvoir être vu sur une scène, il faut  avant avoir fait de nombreuses démarches, avoir  rencontré des gens, avoir une équipe autour de soi. Il faut savoir lier contact, c’est très important. Et mon père m’a non seulement aidée mais il m’a appris à le faire.

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« Mon père m’a transmis quelque chose qui compte beaucoup dans son métier et qui joue un grand rôle dans mon travail, c’est sa curiosité. »

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R : Tu es chanteuse : tu te formes au chant, tu le pratiques, et tu crées des spectacles chantés ( « Fantaisie en Fa’m majeure », « Cocottines »). Dans ton  spectacle « Le Bout du bout du monde« , de petites chansons rythment les rebondissements de l’histoire.

As-tu le sentiment que la musique, le chant, prend de plus en plus de place dans ton travail et ainsi, d’être en train de réaliser un rêve ?

FP : Absolument. Si je me laisse aller à rêver, je me dis que j’aurais aimé être chanteuse d’opéra. J’ai commencé par le théâtre, par être professionnelle sur scène dans des spectacles. On chantait un peu parfois, mais ce n’était pas pointu musicalement. De plus en plus, maintenant j’ai envie de me rapprocher   de ce rêve-là, en mêlant à mes spectacles la musique et le chant mais aussi en me consacrant, en tant qu’interprète, au vocal pur.

R : « Fantaisie en Fa’ m majeure » est un de tes spectacles chanté, créé et interprété en duo.

Peux-tu nous dire comment ce spectacle a vu le jour ?

FP : « Fantaisie en Fa’m majeure » est le premier spectacle chanté de ma compagnie. Il   s’adresse plutôt à des adultes. Il a démarré de mon envie de créer quelque chose avec une chanteuse, Véronique Marine, dont j’adore la voix (elle a une voix travaillée, lyrique) et qui pour moi est un grand exemple. Je lui ai proposé de travailler avec moi sur un spectacle, chanté certes, mais aussi théâtralisé. Ca l’a intéressée et on a commencé à chercher ensemble des chansons qui nous plaisaient à toutes les deux et qu’on avait envie de chanter. A partir de là on a commencé à imaginer une histoire. On a transformé parfois les paroles de certaines chansons. On en a harmonisé à deux voix. On a mêlé à l’ensemble des airs lyriques. C’est un mélange original puisqu’il réunit des chansons du répertoire populaire français de chanteurs réalistes avec des airs d’opérette ou d’opéra.

R : Tu chantes dans d’autres spectacles… Tu as des projets de nouvelles créations chantées ?

FP : « Cocottines » est un tout nouveau spectacle. J’ai pas mal de spectacles qui s’adressent aux enfants, et j’en voulais un qui soit vraiment chanté pour les enfants. Dans « Le Bout du bout du monde », il y a des petites comptines, mais c’est ponctuel tandis que « Cocottines » est vraiment raconté en chansons. C’est l’aspect vocal qui m’a intéressé. Le chant à deux voix, la polyphonie, et la recherche d’harmonies avec une autre chanteuse, pour éveiller les petites oreilles.

R : Et les petites oreilles, elles réagissent comment ?

FP : « Cocottines » a été bien accueillie par le jeune public pour qui on l’a jouée mais pour l’instant, on n’a pas encore de recul car c’est une création toute nouvelle.

R : Amener le  le chant lyrique dans tes spectacles te tient à coeur…

FP : Le monde lyrique est réservé normalement à une élite. Il y a plusieurs années que me trotte par la tête l’envie  d’amener cette musique savante sur des choses populaires et dans des lieux où on n’a pas l’habitude les entendre. De l’ouvrir à des publics et qu’ils puissent y prendre du plaisir. Et l’intégrer après dans leur vie.

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Une mini-odyssée comme en rêve

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Dimanche 2 décembre, Frédérique et sa complice Hélène ont installé leur mignon théâtre à Savigné L’Evêque pour une représentation du « Bout du bout du monde »

Elles se ressemblent comme deux gouttes d’eau, aujourd’hui, les comédiennes de la compagnie TTT venues présenter au jeune public de Savigné L’Evêque leur spectacle.

Vêtues de noir, les cheveux ceints d’un bandeau, Hélène et Frédérique, en costume de marionnettistes, vont s’effacer au profit des personnages magiques auxquels elles s’apprêtent à donner vie et qui eux, sont aussi différents que le sont l’eau et le soleil.

Les couleurs sont harmonieuses, la lumière subtile dans ce mignon théâtre où le héros, l’attachant Perlito goutte d’eau, entreprend un voyage, une mini-odyssée qu’il effectue moitié dans l’eau, moitié dans les airs, et…en baignoire.

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Perlito entreprend un voyage

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Courageux comme Ulysse, le soldat de l’eau aux formes barbapapesques rencontrera sans tarder la deuxième star du spectacle : une superbe créature solaire, aussi longue qu’il est rond,  avec qui il tombera en amitié.

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« Coucou!« 

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Une amie

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« Le Bout du bout du monde » est une fable sur les éléments servie avec maestria par deux comédiennes et éclairée par le talent de plasticien de Jean-Pierre Lopez

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Ecrit par Frédérique Poslaniec, monté et joué par Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis, le « Bout du bout du monde » est une fable sur les éléments. Celle-ci, servie avec maestria par les deux comédiennes que nous aimons, est éclairée par le talent d’une troisième personne : Jean-Pierre Lopez, l’artiste qui a su donner  forme, expression et couleur à ce spectacle très doux qui passe comme dans un rêve.

Réjane

De l’œuvre au spectacle vivant … en trois rencontres…

Christian Poslaniec  : l’ambassadeur de la lecture

Frédérique Poslaniec : l’actrice tout terrain

Norbert Choquet : le chantre des marionnettes pas comme les autres

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S’abîmer dans la lecture d’une œuvre : lire un livre, contempler un tableau, est une activité où l’on effectue en solitaire le grand plongeon vers ses semblables.

Aller au théâtre, assister à un spectacle, c’est aussi, même si ce n’est pas seul mais avec d’autres que ça se passe, faire le grand plongeon vers ses semblables.

Et aller au théâtre, c’est aussi lire. Mais l’œuvre que le spectateur accueille au moment où le rideau se lève, il ne la doit pas à un seul auteur, mais à plusieurs, et elle parle plusieurs langages. Tout se passe en effet comme si l’auteur principal, l’écrivain, le dramaturge, avait des disciples : ces lecteurs spécialisés que sont les gens de théâtre. Leur langage à eux est jeu, mise en scène, lumière, décor, costumes, musique, objets. Ils sont metteurs en scène, comédiens, plasticiens.

Le théâtre est entré un jour dans leur vie et ne les a plus quittés.

Christian Poslaniec, auteur, spécialiste de la littérature jeunesse, dirige une collection théâtre publiant des oeuvres destinées à être jouées par des enfants. Il est l’ambassadeur de la lecture de notre hommage au théâtre.

Frédérique Poslaniec, metteur en scène, comédienne, dirige la compagnie TTT (Théâtre Tout Terrain) qui, comme son nom l’indique, va par monts et par vaux porter la belle parole du théâtre. Elle va nous parler de la scène, du public, ainsi que nous faire visiter son terrain d’actions.

Norbert Choquet est plasticien. Il œuvre au sein de la compagnie la compagnie Théâtre Inutile. Ce qu’il y fait ? Il crée des volumes auxquels les comédiens vont donner vie. Notre hymne à la scène ne saurait se passer de sa parole de créateurs d’objets vivants.

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De l’œuvre au spectacle vivant

1 – Lever de rideau avec Christian Poslaniec

et les livres de la collection « Premiers Rôles » (Retz)

En publiant sur le blog Rick Bass la seconde interview de Christian Poslaniec : Vous avez dit « Anthologies » ?, Silence et moi savions que l’histoire entre l’écrivain sans frontière et notre blog ne faisait que commencer.

Derrière le chercheur (dont l’œuvre Vous avez dit « Littérature » ? m’avait séduite), j’avais découvert un poète, et j’en fus conquise. Puis, ses romans me tombèrent entre les mains, et ce qui devait arriver arriva : ils m’enchantèrent.

Au moment où je me délectais de son roman Le douzième poisson rouge (édité à L’école des loisirs), j’apprenais qu’il était en train de créer une anthologie de poèmes du rire, dans laquelle, je le saurai quelques mois plus tard, j’allais découvrir des merveilles.

Entre produire des écrits personnels et présenter des écrits d’autres auteurs, Christian Poslaniec nous l’a dit : il n’y a qu’un pas.

Faut-il dès lors s’étonner si l’homme décline aussi sa passion de la lecture jusque dans le domaine éditorial ?

Directeur d’une collection de poésie à L’école des loisirs et directeur de la collection « Zanzibar » pendant une dizaine d’années (il a notamment édité des poèmes de Hubert Mingarelli), Christian Poslaniec dirige depuis 2007 chez Retz la collection théâtre « Premiers Rôles« .

On savait l’homme ambassadeur de la lecture, et très actif pour la promouvoir, particulièrement auprès des jeunes lecteurs, mais il ne nous avait pas encore parlé de théâtre et précisément, de son action pour promouvoir cette discipline artistique auprès de la jeunesse.

Réjane : Christian Poslaniec, vous dirigez une collection, la collection  « Premiers rôles » des éditions Retz, publiant des œuvres qui sont jouées par des enfants.

Ce qui caractérise les ouvrages de cette collection est qu’ils présentent des textes à mettre à l’épreuve de la scène, ceci par le biais d’une documentation fournie qui associe à chaque texte des connaissances, ainsi que par un volet scénique complet.

La seule façon d’apprendre le théâtre est-elle de monter sur les planches ?

Christian Poslaniec : Pas forcément. Mais c’est la façon magique de découvrir le théâtre.

Adolescent, j’ai découvert le théâtre en lisant des œuvres de grands dramaturges : Shakespeare, Molière, Corneille, etc. d’une façon un peu systématique. A cette époque-là, je n’avais jamais vu de théâtre. Mais c’est très difficile je pense de faire découvrir aux enfants la dimension spatiotemporelle du théâtre.

Le théâtre nous propose un éternel présent. Les comédiens qui incarnent  des rôles sur la scène, ou dans la rue, si c’est du théâtre de rue, vivent ce qu’ils sont censés vivre au présent. Il n’y a pas de passé réel au théâtre, ou alors, il faut recourir à des subterfuges, des retours en arrière, des procédés qui se voient.

Spatialement, c’est très différent aussi des autres genres littéraires. Et toutes ces choses très différentes du livre, c’est très difficile de les faire découvrir abstraitement par des enfants.

Ce n’est pas parce que j’ai fait une expérience de lecture un peu forcée, volontariste, que je pense que c’est la meilleure façon d’aborder le théâtre avec des enfants, surtout si ce n’est pas eux qui décident. J’ai vu tellement d’échecs avec des pièces de théâtre obligatoires en sixième cinquième !

Je me souviens d’une gamine interviewée qui adorait lire. Elle a lu la pièce de Molière Le médecin malgré lui parce que c’était au programme, et bien qu’elle fut vraiment amateur de lecture, elle a fait : Bôf !

Elle a découvert cette pièce-là sur scène quinze jours après (on avait deux entretiens successifs à trois semaines d’intervalle), alors là, elle était enthousiasmée. Elle avait compris, perçu des choses qu’elle n’avait pas perçues à la lecture et pour cause puisque ce n’est pas le même mode de fonctionnement.

C’est comme ça que j’ai eu envie de prolonger le plaisir de lire et d’organiser quelque chose autour du théâtre dans une collection. Pour que ça corresponde à ce que je pensais, et à ce que pensait l’éditeur aussi, il fallait que les pièces puissent être jouées par des enfants.

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R : Vous êtes spécialiste de la littérature jeunesse et attaché à en promouvoir la lecture. Quelle place la lecture de théâtre occupe-t-elle à l’école ?

CP : Il existe depuis 2002 dans les écoles françaises des listes d’œuvres recommandées, sélectionnées par une commission de choix, au niveau national, que je préside depuis 2004. Dès la première liste proposée, il y avait déjà du théâtre. C’est assez récent cette façon de proposer du théâtre dans une liste d’œuvres littéraires appelant à une lecture littéraire. Ca veut bien dire qu’on peut faire une lecture littéraire, avec le plaisir qui va avec, de pièces de théâtre.

Dans les volumes de la collection « Premiers rôles«  dont vous parlez, on retrouve d’ailleurs cet aspect-là. Chaque volume contient en effet deux pièces de théâtre (une adaptation d’un conte classique et une pièce de théâtre originale), accompagnées chacune de deux suppléments dont un qui est un supplément d’approche littéraire. Si, avant de monter la pièce, on veut travailler sur le texte en tant que tel, il y a un mode de lecture à favoriser, et cet accompagnement pédagogique permet justement de mieux percevoir tout ce qui est inscrit dans le texte ou derrière le texte.

R : Jouer les pièces peut-il permettre de mieux lire ?

CP : Quand les enfants commencent par une lecture théâtrale et passent ensuite à l’acte en jouant eux-mêmes les personnages, ils comprennent comment le sens est concentré dans l’écrit.

L’entrée littéraire, dans la lecture de fictions, se fait beaucoup par l’intermédiaire des personnages (un enfant par exemple quand il découvre un premier roman qu’il a encore du mal à lire va rentrer vraiment dedans par l’intermédiaire du personnage, jusqu’au moment où il va même s’identifier au personnage. Il va vivre dans l’univers fictionnel et c’est ça qui va lui donner le goût d’accéder à tout le reste).

Le théâtre offre l’occasion de s’identifier immédiatement à un personnage en le jouant. Donc je pense que de ce point de vue là, effectivement,  le théâtre est quelque chose de très particulier.

R : On remarque que les ouvrages de la collection « Premiers rôles«  comportent toujours deux pièces, dont la première est la réécriture, par un auteur contemporain, d’un conte du patrimoine : Petit Chaperon rouge,  La Belle au bois dormant, Pinocchio, Les Cygnes sauvages.

Pouvez-vous nous dire sur quel principe repose ce choix ?

CP : Sur la liberté des auteurs. J’ai choisi de faire appel à des auteurs de théâtre professionnels contemporains, justement pour être à peu près sûr d’avoir des oeuvres littéraires et non pas ce que j’appelle des « œuvres du patronage », c’est à dire des choses qui sont amusantes à jouer mais sans plus.

J’ai fait appel à des auteurs professionnels (il y a entre cent cinquante et deux cents auteurs professionnels en France, regroupés au sein d’une association et j’ai demandé à un certain nombre d’entre eux). Certains ont refusé. Ils n’avaient pas le temps tout de suite. D’autres ont accepté immédiatement le pari que ça représente.

A partir de là, il fallait que j’aie une règle du jeu.  Pour attirer les gens, car ils ne connaissent pas ces auteurs de théâtre, j’ai eu l’idée de partir d’œuvres du patrimoine, mais réécrites par des auteurs contemporains.

J’ai fait une liste des contes connus du grand public et je la proposais aux auteurs. Je leur demandais à chacun une réécriture, avec des normes précises : il  ne fallait pas que ça dure plus d’une demi-heure, trois quart d’heure à jouer, et il fallait que ce soit fidèle à l’auteur originel.

R : On vous doit l’adaptation, dans cette collection, du Petit Chaperon rouge. Les autres pièces sont écrites par Dominique Paquet, Jean-Gabriel Nordmann, Anne-Caroline D’Arnaudy. Une fois les oeuvres choisies, comment cela s’est-il passé ?

CP : Pour Pinocchio, qui est un roman plus qu’un conte simple, il y a eu tout un travail de raccourcissement sans trahir l’auteur originel. Pour un autre conte, il a fallu au contraire clarifier quelque chose qui n’était pas assez dit.

R : Vous avez orienté un petit peu le travail de chacun ?

CP : Je ne dirai pas orienté. J’ai fait des propositions, qui ont été acceptées ou refusées. Mais, ça, c’est le boulot du directeur de collection.

R : Ces auteurs de théâtre actuels, vous en connaissez bien sûr les œuvres ?

CP : Oui. Pas forcément intégralement, mais enfin, j’en ai lu pas mal oui.

R : Lorsque vous lisez les contes que ces auteurs ont adaptés en pièce, parvenez-vous à reconnaître leur style ?

CP : Justement oui, et c’est ça que je trouve intéressant. Par exemple, si on prend les deux pièces de théâtre de Dominique Paquet : Les Cygnes Sauvages, où on reconnaît bien le conte originel, et L’île des poids mouche, et qu’on  compare : le rôle des filles , le comportement des groupes, on trouve des filiations.

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R : Après la lecture, il y a la scène …

CP : Oui. J’ai commencé à avoir vent de représentations des pièces à la fin de l’année scolaire. J’ai eu des échos d’endroits où ont été montées les pièces : L’île des poids mouche, Petit chaperon rouge, et je sais qu’il y en a d’autres en cours.

R : Et vous aimeriez les voir jouer ?

CP : Oui, énormément. Mais la grande punition des auteurs est qu’ils ne voient jamais jouer leurs pièces parce qu’on ne les avertit pas. Je ne sais pas pourquoi mais les troupes ont peur de dire à l’auteur qu’elles vont monter sa pièce. Peut-être ont-elles peur de son jugement. C’est vrai que certains d’entre nous sont des emmerdeurs, mais pas tous ! Ce qui fait que généralement, on apprend que telle  pièce a été montée après, quand les droits d’auteurs sont transmis à la SACD, la société qui gère les droits d’auteur de théâtre.

R : On peut donc demander aux enseignants qui monteront avec leurs élèves une pièce de penser à envoyer une  invitation à son auteur ?

CP : Absolument. Et ça va très loin parce que par exemple, pendant que les auteurs étaient en train d’écrire leur pièce, une pièce de Jean Gabriel Nordmann et une pièce de Dominique Paquet ont été montées dans ma région. Je l’ai appris par la presse régionale. Eux ne le savaient pas. C’est moi qui les ai avertis.

Il ne faut pas oublier que quand on demande à un enfant : qu’est-ce qu’un écrivain ? il y en a deux sur trois qui disent : un écrivain, c’est quelqu’un qui est mort. Il n’y a pas besoin de le prévenir qu’on va  jouer sa pièce puisqu’il est mort!

R : Vous dirigez donc une collection théâtre et vous écrivez vous même des pièces de théâtre pour la jeunesse, mais c’est avant tout au grand lecteur que vous êtes à qui j’ai envie de m’adresser et de demander :

Comment appréciez-vous les publications de théâtre pour la jeunesse écrites aujourd’hui ?

Quelque chose se dégage-t-il dans les productions ?

CP : La première chose qui se dégage est que maintenant il y a des pièces de théâtre écrites pour la jeunesse qui sont des œuvres.  Avant, il n’y avait pratiquement rien. Ca s’est développé en France, ces dix dernière années, à l’initiative de plusieurs maisons d’édition. L’école des loisirs développe une collection théâtre maintenant depuis pas mal de temps. Actes Sud a une collection qui s’appelle Papier théâtre. Il y a Théâtrales, qui publiait déjà du théâtre pour adultes, qui a créé une collection pour enfants, et il y en a d’autres.

Donc, ça existe, il y a du théâtre en littérature de jeunesse, et c’est du vrai théâtre.

Concernant la tendance qui se dégage à travers ça (mais c’est peut-être valable pour toute la littérature jeunesse), je dirais que dès qu’on dit œuvre, dès qu’on dit littérature, on a tendance à nous proposer des œuvres plus ou moins dramatiques, parfois thématiquement liées à des événements dramatiques (de la réalité ou historiques). Je voudrais voir davantage de choses drôles, des formes d’humour, comme ont su en créer  la plupart des auteurs dramatiques du XXème siècle par exemple.

L’ensemble du théâtre moderne du XXème siècle est plus drôle que dramatique,ou bien c’est les deux en même temps. Je voudrais qu’il y ait davantage de variété.

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R : Est-ce qu’on peut avoir quelques petits éléments  nous dévoilant ce que sera le cinquième opus de la collection théâtre « Premiers rôles«  que vous dirigez ?

CP : Non parce que dans une première étape, comme ce sont des livres assez difficiles d’accès au départ, il faut d’abord vendre ceux-là avant de pouvoir réaliser ce qui est en projet. C’est pour ça que je ne peux pas en dire plus pour l’instant. J’espère que ça va pouvoir se faire assez prochainement mais dans l’immédiat, il faut réussir à faire connaître mieux cette collection et je vous remercie d’ailleurs de m’avoir interviewé là dessus.

R : C’est moi qui vous remercie, Christian Poslaniec. Je souhaite bon vent à cette collection, une belle vie à chacun des quatre ouvrages d’ores et déjà publiés, et surtout, de belles prestations à venir pour les huit pièces écrites par  des écrivains  vivants : Anne Caroline d’Arnaudy, Dominique Paquet, Jean-Gabriel Nordmann et Christian Poslaniec.

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2 – De l’œuvre au spectacle vivant

En route pour la scène avec Frédérique Poslaniec

et la Compagnie Théâtre Tout Terrain

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Lorsque Frédérique Poslaniec signe les conseils de mise en scène assortis aux pièces de théâtre de la collection « Premiers Rôles » (Retz), elle ajoute à la suite de son patronyme : Compagnie TTT (Théâtre Tout Terrain). Cette salve de T, qui associe avec bonheur théâtre à  terrain, possède, l’air de rien, sa petite allure guerrière.

Le théâtre de Frédérique serait-il un théâtre qui va à l’assaut des bosses ?

Pour le savoir, il suffisait que la comédienne, metteur en scène, qui dirige la compagnie qu’elle a fondée il y a neuf ans, accepte de me faire visiter son terrain d’action.

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Au programme :

* « Drôles de bêtes ! » : une lecture théâtralisée avec Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis (à la suite de ce billet)

et pour la suite, cliquez sur les liens :

*  Les groupe théâtre de Frédérique : du bonheur dans le quotidien

* L’entretien avec Frédérique

* Une mini-odyssée comme en rêve, « Le bout du bout du monde », une création pour les petits avec Frédérique Poslaniec,  Hélène Arthuis et les marionnettes de Jean-Pierre Lopez

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« Drôles de bêtes ! » : une lecture théâtralisée avec Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis

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La compagnie TTT a son siège dans le nord de la Sarthe. La ville de Ballée se trouve en Mayenne. Une bonne heure de route attend notre équipée.

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Frédérique est au volant.

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Hélène s’improvise copilote.

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J’ai pris place à  l’arrière, à côté de deux petits fauteuils à fourrure rouge, qui, le moment venu, composeront le décor.

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Si Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis ont déjà éprouvé leur complicité artistique dans le spectacle pour les petits (« Le bout du bout du monde ») qu’elles jouent ensemble, elles ne se sont pas encore testées en public pour la lecture- spectacle « Drôles de bêtes ! » que Frédérique Poslaniec, qui l’a créée, a déjà donné plusieurs fois.

Je vais donc assister en avant-première à une lecture en duo par deux professionnelles du spectacle qui déclinent leur activité sous différentes formes (création, jeu, ateliers de formation), et qui travaillent chacune dans plusieurs compagnies (en dehors de la Compagnie TTT qu’elle a créée et qu’elle dirige, Frédérique Poslaniec travaille avec la Compagnie Têtes d’atmosphère, ainsi que pour le Centre Médiéval et Culturel du Maine. Hélène Arthuis, quant à elle, est rattachée à la Compagnie Utopium Théâtre, à l’Anorak Compagnie, à la Compagnie Tétrofort, et depuis 2002, à la Compagnie TTT).

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14 h : Les artistes découvrent la salle. Elles n’utiliseront pas l’estrade, et devront faire avec la lumière naturelle du jour, les nombreuses fenêtres agrémentant la charpente ne comprenant pas de rideaux.

14h15 :  Le spectacle est à 15h30. Les deux complices disposent d’une bonne heure pour installer le matériel.

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Le décor magique se crée sous mes yeux.

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15h : Le décor est en place. Les comédiennes sont prêtes, et un public nombreux envahit la salle des fêtes de Ballée

15h30 : C’est parti pour « Drôles de bêtes ! », une lecture théâtralisée qui porte bien son nom ! Rodées à l’art de la scène, les deux artistes se renvoient la réplique pour une heure de bon temps en terre d’humour où les bêtes, si elles ne sont pas toujours intelligentes, sont en tous les cas toujours drôles !

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Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis ont mené à bien leur lecture. Elles goûtent à un moment de détente avant de s’affairer au rangement et de reprendre la route.

Frédérique Poslaniec et Hélène Arthuis sont tombées dans la marmite du théâtre vers l’âge de quinze ans. Depuis, d’écoles en rencontres, de rencontres en collaborations et de collaborations en complicités, elles roulent leur bosse, diversifiant leur activité au gré de leur talent propre qu’elles cultivent : le chant pour Frédérique, le théâtre de rue pour Hélène.

Au mois de janvier 2010

(Cliquez sur le titre pour lire la suite) :

Les groupes théâtre de Frédérique :

du bonheur dans le quotidien

suivi de

Entre répétitions et spectacle,

Frédérique m’accorde un entretien

suivi de

Une mini-odyssée comme en rêve :

« Le bout du bout du monde » , une création pour les petits, avec Frédérique Poslaniec, Hélène Arthuis et les marionnettes de Jean-Pierre Lopez

Réjane

A suivre…

3 – De l’œuvre au spectacle vivant :

Les réalisations de Norbert Choquet

et la compagnie Théâtre Inutile