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Jean-Jacques avant Rousseau

Jean-Jacques Rousseau : un impétueux désir de liberté de Claude Mazauric est un des derniers ouvrages de la collection  » à 20 ans  » : l’aventure de leur jeunesse, paru en avril 2011 aux éditions Au Diable Vauvert. Le principe de la collection ?  » Pour qu’ils deviennent des classiques, il fallait d’abord qu’ils soient des originaux « .

Le parti pris de cette collection annoncée, c’est donc à une bibliographie partielle de Jean-Jacques – entre 18 et 20 ans – que nous convie l’auteur avant que Jean-Jacques ne se chausse de son patronyme célèbre, celui de Rousseau.

Le pari est réussi : à la fin de ce court opuscule de 140 pages, vous le refermez avec une envie de lire ou relire l’oeuvre du citoyen de Genève. Je dois vous dire que j’étais curieux de cette collection dont j’avais déjà repéré plusieurs titres et ce Rousseau ne m’a pas déçu. J’avais en mémoire le Rousseau mélancolique, hypocondriaque, légèrement ou carrément dépressif. Claude Mazauric a le talent de nous montrer les errances héroïques de ce jeune homme perdu dans le monde (mère morte quand il était très jeune et père parti ailleurs, loin de lui) mais déjà très conscient de ses potentialités, et qui finalement, par séduction mais aussi beaucoup de travail personnel se fraie un chemin vers son nom dans une société rude pour qui n’est pas noble. Que retient-on habituellement de Rousseau ? Inspirateur de la Révolution mais aussi musicien et compositeur, opposé en son temps à Rameau. Plus que ces aspects très connus, on découvre les apprentissages progressifs du jeune homme, déterminé à défendre sa liberté et qui écrira plus tard :

Voilà pourquoi j’ai toujours tant redouté les bienfaits,
car tout bienfait exige reconnaissance ; et je me sens
le coeur ingrat par cela seul que la reconnaissance est
un devoir. En un mot, l’espèce de bonheur
qu’il me faut n’est pas tant de faire ce que je veux
que de ne pas faire ce que je ne veux pas.
Lettres à Monsieur de Malesherbes, 1762

Voilà, qui dénote d’un certain caractère libertaire. Cet ouvrage se lit facilement. Ici, il n’est pas question d’analyser les oeuvres futures – littéraires ou philosophiques même si l’auteur distille habilement quelques informations autour des moments forts de l’apprentissage de la vie de Jean-Jacques.

Ce livre est commenté dans le cadre de l’opération Masse critique du site Babelio, réseau social littéraire. Je remercie Babelio et les éditions Au Diable Vauvert pour l’envoi gracieux de ce livre. D’autres lectures sont disponibles sur Babelio.

Silence