L’intelligence dans la nature… (Marcel Pagnol)

« Blaise : […] L’intelligence, dans la nature, ce n’était qu’une pauvre petite lueur qui devait nous guider dans l’accomplissement des actes quotidiens. Et nous sommes comme serait un homme qui porte une lampe dans un souterrain à la recherche d’un trésor. Soudain, la lampe fume, ou flamboie, ou ronfle, ou crépite. Alors, il s’arrête, il s’assied par terre, il fait monter ou descendre la mèche, il règle des éclairages. Et ce travail l’intéresse tant qu’il a oublié le trésor, qu’il finit par croire que le bonheur c’est de perfectionner une lampe et de faire danser des ombres sur le mur. Et il se contente de ces pauvres joies de lampiste, jusqu’au jour où il voit soudain que sa vie s’est passée à ce jeu puéril… Alors, il veut se lever, il tend les mains vers le trésor… Trop tard ! La mort déjà le tient à la gorge. L’intelligence, c’est la lampe. Le trésor, ce sont les joies de la vie. »

(« Jazz » (1926), dans Œuvres complètes I : Théâtre / Marcel Pagnol. – Ed. de Fallois, 1995. – acte II, scène 8, p. 225)

On trouve chez Albert Cohen le même type d’idée. Mais les deux compères étaient amis…

Silence

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