L’Odyssée de Guy et Alain…

Pour la deuxième année consécutive, Guy Besse et Alain Margot jouent au théâtre.


Cette année, marionnettistes dans « Issé« , un opéra baroque qui sera donné en Mai prochain au théâtre de Bourg en Bresse (Ain), Alain et Guy étaient l’an dernier récitants dans « Dis-moi pourquoi dans le secret tu soupires et tu pleures » version 2, une polyphonie théâtrale, musicale, et visuelle d’après l’Odyssée d’Ulysse et des paroles d’habitants (conception et mise en scène Géraldine Bénichou).

Nous vivons tous une Odyssée. L’exil, l’incompréhension, la séparation, l’isolement, le mépris, l’abandon, qui d’entre nous n’est pas un héros de l’existence?

L’Odyssée d’Alain est le résumé de sa vie depuis sa rencontre avec Guy.

L’Odyssée de Guy est la synthèse de son existence depuis qu’il a abordé Alain.

Le texte qu’ils ont écrit à l’occasion de cette aventure théâtrale, et qu’ils donnent sur les planches en cette fin de mois de Mars 2007, est un dialogue, le seul duo du spectacle.

D’autres participants viendront se raconter au public. Comme Guy et Alain, ils s’avanceront au bord de la scène. Ils tiendront leur texte à la main. Majestueux. Seuls dans leur peine.

Guy et Alain sont ensemble.Ils se sont avancés au bord de la scène. Ils ont leur texte à la main.

Alain, c’est lui qui commence.

Quand ils ont dit leur Odyssée, il n’est personne du public qui n’ait pas pleuré.

« Bourg-en-bresse. 1988.
Je suis dans un parc
Tout seul. En larmes.
Je n’ai plus rien, je ne sais pas où loger.
Une seule idée : me foutre sous un train.
Dans le vide, on pense à plonger
Et là, il y a des apôtres …..
J’étais sur un banc, à l’autre bout du parc
Quand je l’ai vu pleurer
Je lui ai fait signe de venir vers lui.
On se met à discuter
Je lui dis : j’ai plus rien
Et le Monsieur dit :
« Je m’appelle Guy »
A partir de ce jour,
On s’est plus quittés
Traîner les galoches
Traîner les bredequins
Faire la mangave
Aller à la priante
Aux portes de l’église
Moi d’un côté
Moi de l’autre
Et après on mettait en commun
Le dimanche, jour de messe : la priante
La semaine, devant chez Guillot : la mangave.
Une fois, on s’est quittés trois mois, j’étais à Lyon
Moi, je m’ennuyais tout seul à Bourg
Alors Monsieur descend à Lyon pour me chercher
Je ne le trouve pas, je suis prêt à rentrer
A la gare de Perrache, Monsieur fait une crise d’épilepsie.
Les pompiers, l’hôpital Saint-Luc
et puis on m’envoie manger à la Rosière.
Moi, j’étais justement là, à la Rosière
L’apôtre, il m’a retrouvé, le jour de la Saint Guy.

C’est la seule fois qu’on s’est quittés.
Traîner les galoches
Traîner les bredequins
Faire la mangave
Aller à la priante
Et se prendre une bonne murge
Une bonne murge
Un jour on s’est engeulés
non, on s’est pas engeulés, j’étais saoul
moi aussi j’étais saoul
Moi, je rentre à l’appart qu’on partageait
Moi, je reste couché, dans les chiottes de notre Dame
On m’a retrouvé là,
avec du sang partout
21 coups de couteau
Je me suis retrouvé à l’hôpital.
Moi, ce soir-là, je suis à l’appartement
Les flics entrent : perquisition
Ils m’emmènent au commissariat, ils m’interrogent :
« Dites-nous que c’est vous qui avez voulu le tuer,
et on en parle plus! »
Je dis : »quoi? »
Je ne comprenais rien.
21 coups de couteaux,
il y a eu des complications, j’ai failli être paralysé
Mais quand je suis rentré de l’hôpital : Alain, il était là.
Traîner les galoches
Traîner les bredequins
on s’est jamais quittés.
on s’est jamais quittés.
.
Guy Besse
Alain Margot
Introduction de Réjane.

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