Sur la piste de Rick Bass, Mingarelli…

Un pas de côté

L’écrivain américain Rick Bass aime la nature. Il écrit avec elle, et se bat pour elle (« Le livre de Yaak », Gallmeister, 2007). Il aime les animaux, tous les animaux. La vie sauvage, celle qui peuple les espaces encore préservés du Montana où il a élu domicile, il l’observe, la décrit, la rencontre, s’en émerveille. Comme il s’émerveille de son chien d’ailleurs, en témoigne son ouvrage Colter (Christian Bourgois, 2001). « Un chien comme Colter aiguise  la joie que nous donne chaque nouvelle saison, et souvent il semble immobiliser le temps, l’intensifie. Et quand il n’est plus là, c’est comme si le monde disparaissait. »

La nature, l’amour des animaux, quels curieux terrains d’inspiration ?

La nature, l’amour des animaux, un livre sur un chien.

Le froid, la neige.

Le vent, le bruit que fait le vent.

Rick Bass, l’écrivain du Montana, amoureux de la nature, fidèle à son chien, auteur de douze merveilleux livres, fait un pas de côté.

La neige est toujours aussi blanche, mais le peintre a changé.

Mingarelli est le peintre

Dans « La dernière neige » (Seuil 2000), Mingarelli dessine une petite chienne qu’un gosse emmène se perdre dans la neige. Lui aussi aime les chiens, la nature. Lui aussi s’émerveille du saut gracieux d’une biche, des allers et venus des oiseaux qui nichent, de voir trembler les feuilles des aulnes.

Hubert Mingarelli, qui réside depuis plusieurs années dans un hameau de montagne de l’Isère, est écrivain. En dix huit ans, il a publié quinze livres.Tous sont de grands mystères.

Période jeunesse

On dit : « Une rivière verte est silencieuse » (Seuil 1999) est son premier roman. Ce n’est pas juste. Il a en effet écrit six livres avant.

Les premiers Mingarelli, classés « jeunesse », sont de ces livres que l’on n’oublie pas.

« Le bruit du vent » (Gallimard 1991), « La lumière volée » (Gallimard 1993), sont des livres pour les grands, autant qu’ils sont de grands livres.

Choc

L’oeuvre de Mingarelli est un choc. D’où vient-elle? Où va -t-elle? On ne le sait pas vraiment, comme on éprouve des difficultés à dire ce que vraiment, il s’y passe. L’oeil est important. C’est en effet par le regard qu’on va à la rencontre des personnages secrets de ses livres. Nous ne saurons jamais grand chose d’eux.

De quelle famille viennent-ils? Que font-ils dans la vie? Quels sont leurs goûts? A quoi se destinent-ils?

Dans aucun de ses livres, Hubert Mingarelli ne s’est essayé à situer quoi que ce soit.

Sa patte à lui, c’est l’ indéfini, l’intemporel.

Quand on sait que les premiers travaux que l’écrivain proposait à la presse étaient… des illustrations, on se dit que peut-être, Mingarelli dessine, plus qu’il n’écrit.

Un homme debout

Mingarelli, qui décidément, ne fait rien comme les autres, décline, dans ses livres, invariablement toujours le même personnage.

Parfois, il est un gosse qui se cache dans un cimetière (« La lumière volée »).

Parfois, c’est un marin qui marche avec un pote (« Hommes sans mère », Seuil 2004).

Dans « Quatre soldats », il est le russe Bénia.

Dans un autre livre, il s’appelle Eladio (« Le voyage d’Eladio, Seuil 2005). Sa vie est dure, très dure.

Dans « Une rivière verte et silencieuse », il a besoin d’argent, l’électricité coupée. Mais c’est toujours un type au grand coeur. Qui contemple ses semblables comme on regarde bouger les oiseaux, ou passer les nuages dans le ciel. Un type qui a choisi l’amitié, l’amour du monde et de la vie. Un homme debout, malgré tout.

Mingarelli lui-même

Il est bien difficile d’évoquer le travail de l’écrivain isérois sans s’attarder quelques secondes sur l’homme lui-même.

Tandis que là, maintenant, j’évoque Hubert Mingarelli, je me dis qu’il est sans doute, lui dont la tâche d’auteur est devenu, au fil des années, un métier à temps plein, en train d’écrire. De vivre cette vie à part qu’il affectionne, avec ses compagnons de route : des hommes qui comme lui, préfèrent les gestes aux discours. 

Réjane

encrier-babelio.jpg 

En savoir plus sur Hubert Mingarelli :

Une vidéo d’Hubert Mingarelli le site du Matricule des Anges

Un billet intéressant sur le blog les filles du Loir

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