Exercice spirituel 1 : Honnêteté intellectuelle

Honnêteté intellectuelle : expression surannée, vieillie, démodée ?

Ne faire confiance qu’à soi, en son jugement, et encore … Lire les textes, confronter les actes et les textes. Ne pas se fier aux critiques. Lire toutes les œuvres d’un écrivain, et de préférence dans l’ordre chronologique. Comparer plusieurs biographies et toujours se poser la question : qui écrit ? Qui est-il ? Quel est son intérêt dans cette affaire ? Ne plus faire confiance à la réputation. Ne jamais abandonner sa curiosité. Ne jamais laisser un voile d’ombre sur un point, une pensée non claire, non limpide. Abandonner l’étude et y revenir quand on est prêt pour l’aborder. Revenir vers ce rivage quand on a acquis ce qui nous manquait pour comprendre. Comprendre et ne pas juger.

« Frères humains qui après nous vivez/N’ayez les cœurs contre nous endurcis/Car, se pitié de nous pauvres avez/ Dieu en aura plus tôt de vous mercis. » (François Villon : l’épitaphe Villon)

Je dirai un autre jour le pourquoi et l’origine de cette nouvelle catégorie : exercices spirituels. Un piste : Pierre Hadot.

Silence

2 réflexions au sujet de « Exercice spirituel 1 : Honnêteté intellectuelle »

  1. Lorsque j’ai vu, Silence, que vous évoquiez l’honnêteté intellectuelle, j’ai aussitôt pensé à la notion inverse, à cette attitude inverse, largement pratiquée, qu’est la malhonnêteté intellectuelle. Celle de tous les jours. Du professeur qui est injuste. Du parent qui ment. Du politique qui mène en bateau. La malhonnêteté rampante, révoltante, qui génère tant d’incompréhension, de quiproquos, d’inintelligence de l’autre, de ce qu’il peut penser et être. J’ai pensé que le minimum de respect que l’on devait aux autres, et donc que l’on se devait à soi, était d’être honnête justement. Honnête pour chaque chose de la vie. Et donc, que cette honnêteté intellectuelle que vous mentionnez en titre de votre billet, relevait d’une conduite. Au fond, sans le savoir, et je m’en suis rendue compte après, j’étais déjà un peu sur la piste Pierre Hadot…

  2. Oui, une conduite forcément en rapport avec son antinomie : la malhonnêté intellectuelle. Sans vouloir généraliser à la vie en général, ce billet est plus modestement un exercice, une méthode pour lire en s’échappant des On dit, de ce qu’il faut avoir lu pour parader en société… Il est significatif de notre époque qu’un livre comme celui de Pierre Bayard : comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? (Minuit, 2007) soit un succès de librairie… Même si ce livre est une belle étude… Quand on lit les critiques de certains dans les suppléments littéraires des journaux du soir, on voit bien que l’auteur de l’article n’a pas lu le livre, que souvent ce sont des articles de complaisance ou de détestation, pour faire plaisir ou pour régler des comptes… D’où le travail sérieux à soutenir d’une revue comme Le Matricule des Anges… Il y en a d’autres heureusement…
    Silence

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