« Seul est mien le pays de mon âme » (Marc Chagall)

Il y a cet enchevêtrement presque inextricable de tous ces univers gigantesques qui produisent des étincelles. Où n’en produisent pas. C’est selon. C’est cela qu’on appelle le malheur. Le nom moderne : absence de communication. Cela parait nouveau mais depuis des millénaires humains, c’est ainsi. Tous ces mondes solitaires s’entrechoquent presque sans jamais se toucher. Seul est mien le pays de mon âme. Quand ils se touchent, c’est cela qu’on appelle le bonheur. Celui-là, on l’aime encore moins que le malheur. On l’espère tellement qu’il nous fait peur. Ce fracassement d’êtres ressemble aux fracassements stellaires, aux interpénétrations des galaxies. Sur la photo prise à l’observatoire, on distingue très bien cette éternité de lumières. Grâce. Pourtant, si on avait le pouvoir de se déplacer avec un engin spatial instantanément, on ne rencontrerait que du vide, le plus souvent… Et ce serait la nuit notre plus fidèle compagne. Pesanteur. Du vide. Il faudrait changer notre point de vue.

La campagne environnante et ses petits oiseaux nous aideraient à prendre de la hauteur, à résoudre nos malheurs, notre malaise. Mais, de chemins cosmiques voisins, il est si peu question. Notre bucolique campagne se réduit à peau de chagrin. Nos montagnes s’aplanissent. Et pourtant, que d’observations nous restent-ils à faire ? Ouvrir les yeux, garder la paupière le plus longtemps ouverte : s’élever vers la lumière pour abandonner notre petite vision géocentrique. S’arracher à la pesanteur pour atteindre la grâce. Rien de mystique. Au contraire, éteindre les fausses lumières que nous avons créées à notre image et dont nous entretenons la flamme. Rejoindre notre vraie place. Concevoir réellement l’infini et la beauté de toute chose. Et leur pendant : le vide et l’horreur. S’émerveiller et comprendre pour jouir… Accepter l’incertitude… L’ouverture au monde se fait par la fêlure. La fuite est un trop plein.

Silence

Une réflexion au sujet de « « Seul est mien le pays de mon âme » (Marc Chagall) »

  1. Avoir une vision élargie des choses. Comprendre que tout est lié : l’art à la vie, la politique au monde, le monde à l’art, l’art à la science.
    Dire des poèmes dans une réunion politique. Et pourquoi pas?
    Parler vrai, parler juste, parler sans crainte. Se rappeler que quoique l’on fasse, où que l’on aille, nous ne ferons jamais que passer.
    J’avais peur autrefois. De tout. Des autres. De la mort. Et bien plus encore sans doute, de la vie. J’ai écouté Charles Juliet dire :
    « Les mots m’ont sauvé ». Une évidence. Et elle ne m’avait même pas effleurée. Depuis, je ne cesse de le remarquer. C’est vrai. Les mots qui nous composent, qui nous pétrissent, les mots qui nous fondent, nous sauvent. Toujours. Partout. De tout.

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